Published: Ven, Avril 12, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Un coup d’Etat militaire renverse le président Omar El Béchir — Soudan

Un coup d’Etat militaire renverse le président Omar El Béchir — Soudan

"Nous appelons notre peuple à continuer son sit-in devant le quartier général de l'armée (à Khartoum) et à travers le pays", a-t-elle ajouté. "Importante annonce des forces armées sous peu ", pouvait-on lire sur un bandeau figé en bas de l'écran. "Attendez-la", a dit un présentateur sur la télévision d'Etat.

Pour le sixième jour consécutif, des milliers de manifestants déterminés sont eux rassemblés devant le siège de l'armée, qui abrite aussi le ministère de la Défense et la résidence officielle du président Béchir. Profitant de l'effet psychologique de la démission de Bouteflika, les manifestants soudanais ont bravé l'état d'urgence en signe de défiance au régime et un appel à une intervention de l'armée.

Le président Omar el-Béchir, qui dirigeait le Soudan d'une main de fer depuis 30 ans, a été renversé jeudi par un coup d'État de l'armée, dans le sillage d'un soulèvement populaire, et remplacé par un "conseil militaire de transition" pour deux ans.

Les Soudanais continuaient mercredi à défier le régime de Béchir devant le QG de l'armée, à Khartoum. "Des hommes et des femmes de toutes les coins de Khartoum et d'autres villes viennent pour ce qu'ils appellent le service de nuit".

Tôt mardi, les forces de sécurité du puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS) et la police antiémeutes -qui mènent la répression- ont tiré des gaz lacrymogènes pour tenter de déloger les manifestants, ont rapporté des témoins et un manifestant. Selon des sources officielles, en tout, 49 personnes sont mortes dans des violences liées aux manifestations depuis que ces rassemblements ont commencé en décembre.

Aucune tentative de dispersion n'a été rapportée pour la journée de mercredi. Dans deux localités, des protestataires avaient alors incendié le siège du parti au pouvoir.

Un conseil a été formé par les organisateurs de la contestation pour lancer des négociations avec les forces de sécurité et la communauté internationale, dans le but de transférer le pouvoir à un "gouvernement de transition, fidèle aux voeux de la révolution", a déclaré M. Digeir.

A cette heure, les intentions exactes de l'armée restent inconnues. Dans un communiqué publié lundi, le général Kamal Abdelmarouf, chef d'état-major de l'armée, a précisé que celle-ci continuait "d'obéir à sa responsabilité de protéger les citoyens".

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Jeudi matin, des militaires ont fait une descente sur les bureaux à Khartoum du Mouvement islamique, groupe proche du président El Béchir au sein de son parti, le National Congress Party (NCP).

2003: lance ses troupes contre une rébellion au Darfour (ouest), conflit qui a fait plus de 300 000 morts selon l'ONU.

Dans une déclaration très dure, le collectif a affirmé que les mêmes visages qui avaient détruit le pays et tué des gens étaient toujours au pouvoir.

L'étincelle de la contestation a été la décision du gouvernement de tripler le prix du pain le 19 décembre.

A 75 ans, M. Béchir, l'un des plus anciens dirigeants d'Afrique, refuse de démissionner.

"Mercredi, Washington a exhorté le pouvoir à respecter le droit de manifester".

L'Allemagne, par la voix de sa ministre de la Défense Ursula von der Leyen, a estimé que la situation donnait au Soudan "une chance" de parvenir à "une forme de gouvernement démocratique".

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