Published: Mer, Mars 06, 2019
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Nouvelle démission au sein du gouvernement Trudeau — Canada

Nouvelle démission au sein du gouvernement Trudeau — Canada

En février, une ancienne ministre de la Justice avait dit avoir subi des pressions de la part de l'entourage du Premier ministre pour tenter d'éviter un procès à un géant du BTP, SNC-Lavalin. Une affaire qui n'en finit pas de rebondir: explications.

" À partir du moment où vous avez une ministre senior qui claque la porte et qui dit: "je n'ai plus confiance au premier ministre", comment les Canadiens peuvent avoir confiance en M. Trudeau?"

L'affaire SNC-Lavalin, du nom de la société, court depuis 2015. Ce qui éviterait un procès à cette société au coeur d'une enquête sur un vaste scandale de corruption avec la Libye.

L'exécutif de la Fédération des nations autochtones souveraines a également salué dans un communiqué Mme Wilson-Raybould pour son sens moral et son intégrité, la qualifiant de modèle pour toutes les Premières Nations et les générations futures. "Je lui ai dit que j'avais fait mon travail, que mon idée était faite sur SNC et que je n'allais pas m'ingérer dans la décision du directeur" du bureau des procureurs, a-t-elle lancé. Et de nier énergiquement toute allégation d'ingérence politique dans cette affaire, après avoir assuré qu'il était "complètement en désaccord avec la caractérisation des événements par l'ex-procureure générale".

"Le Premier ministre m'a demandé de trouver une solution pour SNC en affirmant que s'il n'y avait pas de règlement hors cour, le groupe déménagerait de Montréal et qu'il y aurait plusieurs pertes d'emplois", a affirmé la semaine dernière l'ancienne ministre de la Justice devant les députés.

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SNC-Lavalin a été accusé d'avoir versé 48 millions de dollars de pots-de-vin à des responsables libyens au cours de la décennie qui a précédé le renversement du gouvernement de Mouammar Kadhafi sous la direction de l'OTAN en 2011.

Or le groupe québécois, basé à Montréal, est l'un des principaux employeurs privés du pays, avec 9.000 salariés au Canada. En cas de condamnation pénale, SNC-Lavalin se verrait interdire tout contrat public pendant 10 ans au Canada, ce qui menacerait son avenir économique.

- Quelle est la position du gouvernement? Justin Trudeau, de son côté, n'a cessé d'invoquer l'indépendance du système judiciaire canadien, qui vient de donner son feu vert au processus d'extradition de Meng Wanzhou. L'opposition le soupçonne donc d'une manoeuvre électoraliste. Le Premier ministre canadien est accusé d'avoir exercé des pressions.

- Quelles conséquences politiques pour Trudeau?

Mme Wilson-Raybould, qui a démissionné du cabinet libéral de M. Trudeau en début du mois dernier, a déclaré qu'entre septembre et décembre de l'année dernière, elle avait "subi des efforts continus et constants de nombreuses personnes au sein du gouvernement cherchant à interférer dans l'exercice de la discrétion des poursuites dans une tentative inappopriée pour obtenir un accord de report des poursuites avec SNC-Lavalin".

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