Published: Lun, Février 18, 2019
International | By Marie-Louise Baume

"Gilets jaunes" : la mobilisation a reculé selon Beauvau


À Bordeaux, comme chaque samedi, les gilets jaunes se sont rassemblés sur la place de la Bourse.

De même sur les Champs-Élysées où des centaines de gilets jaunes ont chargé les forces de l'ordre.

À Strasbourg, 110 Gilets jaunes, selon la police, ont participé à l'unique rassemblement prévu samedi matin.

Des rassemblements samedi, d'autres dimanche et un possible retour sur les ronds-points: trois mois après le début de la contestation, les appels à manifester sont très fragmentés pour l'acte 14 des gilets jaunes.

Tandis qu'à Lyon, plusieurs milliers de manifestants s'étaient rassemblés dans le centre, des " gilets jaunes " tentaient de bloquer le trafic sur l'autoroute A7 à la sortie sud de Lyon, provoquant des difficultés de circulation en ce week-end de chassé-croisé sur les routes. Le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, était bloqué par des manifestants, selon une source policière.

La préfecture a refusé de communiquer le nombre de manifestants.

" On est aussi revenus sur les ronds-points pour éviter les violences qui se font là-haut (en centre-ville) pendant les manifestations", a affirmé Joëlle, 58 ans, sur un barrage filtrant monté par une trentaine de " gilets jaunes " à Balma, dans la banlieue est de Toulouse. "Aucun blocage, ni filtrage ne seront tolérés ", a toutefois indiqué la préfecture.

À Toulouse, 4.000 personnes selon une source policière clamaient leurs détermination derrière une banderole "Seule la mort nous arrêtera".

"Ce mouvement ne revendique plus rien", a estimé jeudi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, autre cible de choix des manifestants, en ironisant: "Il revendique de faire une manifestation pour commémorer ses propres trois mois".

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La mobilisation a connu son pic au premier jour du mouvement, le 17 novembre, avec près de 300.000 personnes, puis un regain à la mi-janvier avant de décroître ces dernières semaines, jusqu'à descendre à 51.400 personnes le 9 février.

Pour la première fois cette semaine, un sondage (contrasté) a montré qu'une majorité des Français souhaitaient la fin des manifestations. Pour l'acte 14 en préparation, les intentions du mouvement ont rarement été aussi peu lisibles à l'issue d'une semaine où deux figures emblématiques du mouvement, le chauffeur routier Éric Drouet et l'ex-boxeur Christophe Dettinger, ont été jugés à Paris.

Dans la capitale, une foule compacte de plusieurs milliers de personnes est partie de la place de l'Étoile vers 12 h pour rallier plusieurs heures plus tard l'esplanade des Invalides, qui a été évacuée en fin d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP.

D'autres villes ont connu des tensions plus marquées en fin de manifestation, notamment Bordeaux, autre bastion de ce mouvement qui fragilise le gouvernement et l'a contraint à lancer un grand débat.

Un autre événement, encore plus populaire sur le réseau social, donne lui rendez-vous dimanche au même endroit, pour une manifestation "déclarée et pacifique" qui doit défiler essentiellement sur la rive gauche.

Mais, "sur chacune des deux journées, des rassemblements informels et la constitution de cortèges sauvages ne peuvent être exclus", selon la préfecture.

Peu après 14h, de premières tensions étaient signalées à Paris, les forces de l'ordre faisant usage de gaz lacrymogènes face à certains manifestants lançant des projectiles, aux abords de Notre-Dame, du marché aux fleurs ainsi que rue Saint-Jacques, dans les 4e et 5e arrondissements de la capitale.

"Les démonstrations de violence (lors des manifestations) doivent cesser", a exhorté mercredi le chef de l'Etat Emmanuel Macron, dont les cortèges réclament régulièrement la démission.

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