Published: Mer, Janvier 09, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Gabon : Les mutins arrêtés après une tentative de coup d'Etat militaire

Gabon : Les mutins arrêtés après une tentative de coup d'Etat militaire

Le lieutenant Ondo Obiang Kelly s'est dit lors de la lecture de son message président d'un Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS), jusque-là inconnu. "Dans la foulée, il appelle également les officiers et sous-officiers de l'armée à " se procurer des munitions " et à " contrôler les points stratégiques du pays ".

"Si vous mangez, arrêtez; si vous prenez un verre, arrêtez; si vous dormez, réveillez-vous".

Cet habitant de la capitale gabonaise ne s'est pas inquiété tout de suite.

Dans un quartier populaire proche de la radio, des dizaines de jeunes ont incendié une voiture et enflammé des pneus, semblant vouloir répondre à l'appel au soulèvement des mutins, a constaté l'AFP.

Des coups de feu ont été entendus au même moment par l'AFP autour de la Radio Télévision Gabonaise (RTG), sur le boulevard Triomphal, dans le centre ville. A en croire Guy-Bertrand Mapangou, le porte-parole du gouvernement, "le calme est revenu" et "la situation est sous contrôle". Dans des images qui montrent la cruauté de l'opération, l'on découvre toute la froideur de l'assaut donné hier matin par les gendarmes qui ont ainsi tué deux de leurs camarades au cours de leur intervention à Radio Gabon. C'est ce que montre des clichés qui ont fuité sur les réseaux sociaux après une coupure d'internet durant 24h à l'initiative des autorités gouvernementales.

Victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) le 24 octobre dernier en Arabie saoudite, le chef de l'État, Ali Bongo Ondimba, âgé de 59 ans et dont la famille est au pouvoir depuis 1967, a été transféré ensuite au Maroc, où il poursuit depuis sa convalescence sans qu'aucune date n'ait été fixée pour son retour au Gabon. Le chef de l'État gabonais a reconnu souffrir de problèmes de santé mais a assuré qu'il se remettait.

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Les militaires putschistes ont aussi dénoncé la "confiscation du pouvoir par ceux qui, le 31 août 2016, ont fait assassiner nos jeunes compatriotes". Cette phrase fait référence aux troubles qui ont suivi la dernière élection présidentielle et la réélection d'Ali Bongo, contestée par l'opposition.

" Une fois encore, une fois de trop, les conservateurs acharnés du pouvoir dans leur basse besogne continuent d'instrumentaliser et de chosifier la personne d'Ali Bongo Ondimba en mettant en scène un malade dépourvu de plusieurs de ses facultés physiques et mentales ", explique le communiqué.

"Mal élu ou pas élu du tout, c'est selon, ABO [Ali Bongo Ondimba] traîne depuis neuf ans un parfum de 'fils de' qui s'est emparé du spectre de son père, après un tour de passe-passe électoral qui fut émaillé de violences et de morts."
Le pays s'attendait à la désignation d'un premier ministre et à la formation d'un gouvernement annoncé pour le 11 janvier, consécutivement aux législatives remportées à une écrasante majorité par le parti au pouvoir (le PDG).

Il a souligné que "le jour tant attendu est arrivé où l'armée a décidé de se mettre aux côtés de son peuple afin de sauver le Gabon du chaos".

C'est ce même déni démocratique qu'illustre la façon dont la présidente de la Cour constitutionnelle a modifié la Constitution mi-novembre pour pallier l'absence prolongée du chef de l'Etat après son AVC, en rajoutant un alinéa sur les cas d'"indisponibilité temporaire".

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