Published: Lun, Décembre 24, 2018
International | By Marie-Louise Baume

USA : Cette défection ébranle la forteresse Trump

USA : Cette défection ébranle la forteresse Trump

L'ex-président Barack Obama "a tenté de quitter" l'Irak, "mais notre départ a ouvert la voie à l'EI", et contraint les Américains à revenir, a-t-il souligné, prédisant le même sort à Donald Trump car les groupes jihadistes "vont se reconstituer".

La semaine dernière encore, l'émissaire des Etats-Unis pour la coalition internationale antijihadistes, Brett McGurk, assurait que les Américains avaient vocation à rester encore pendant un bon moment en Syrie.

C'est donc le 45ème départ dans l'administration de Donald Trump depuis son investiture en janvier 2017.

Pour Jim Mattis, ancien général des Marines, souvent considéré comme "l'adulte dans la pièce" selon une expression américaine très parlante, l'annonce soudaine du retrait des troupes américaines de Syrie semble avoir été la décision de trop.

Le général Mattis et Donald Trump gardent en commun la volonté de ne plus faire des États-Unis les "gendarmes du monde", notamment en faisant contribuer davantage à l'effort militaire de l'OTAN leurs alliés et les autres pays membres. Dans une critique à peine voilée au président Trump, M. Mattis a laissé entendre que la décision du retrait aurait des incidences sur les relations futures de Washington avec l'ensemble de ses alliés.

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Pour le républicain Mac Thornberry, qui préside la commission des forces armées de la Chambre des représentants, le désengagement d'Afghanistan va permettre aux jihadistes et aux talibans " de se renforcer et finalement lancer des attaques terroristes contre les Américains ".

La décision de la Maison-Blanche de retirer la moitié du contingent américain déployé en Afghanistan vient s'ajouter à l'annonce du retrait des troupes américaines en Syrie et à celle de la démission du ministre de la Défense James Mattis.

Priorité absolue, "la campagne militaire contre Daech continue", ont insisté jeudi Paris et Londres, les principaux partenaires des Américains dans la campagne de frappes aériennes contre l'EI depuis fin 2014. L'annonce intervient au lendemain de l'annonce surprise du président américain de retirer ses troupes de Syrie, contre l'avis de son entourage et alors que Mattis aurait tenté de le convaincre, ce jeudi encore, de le faire revenir sur sa décision.

Jim Mattis signe ainsi son désaccord avec un président qui a pris pour cible un à un au cours des derniers mois les dirigeants des principales puissances occidentales. "99% de l'EI a été balayé de Syrie", a-t-elle dit. Pour sa part, la présidence afghane a assuré hier que le retrait de "quelques milliers de militaires étrangers" d'Afghanistan "n'aura pas d'impact sur la sécurité" du pays, sur laquelle l'armée afghane exerce déjà son "contrôle".

La milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), en première ligne dans le combat contre l'EI, pourrait en outre s'en détourner si la Turquie déclenchait, comme elle menace de le faire depuis plusieurs jours, une nouvelle offensive contre elle.

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