Published: Mer, Décembre 05, 2018
International | By Marie-Louise Baume

La semaine de tous les dangers pour Theresa May — Brexit

La semaine de tous les dangers pour Theresa May — Brexit

"Il est possible de considérer qu'un outrage a été commis", a indiqué M. Bercow, qui a décidé de consacrer la journée de mardi à discuter de cette question, alors que les membres du parlement devaient initialement se lancer dans un débat de cinq jours sur le Brexit lui-même, en vue d'un vote qui aura lieu le 11 décembre sur l'accord de divorce avec l'Union européenne (UE).

Theresa May, affaiblie par plusieurs revers, a défendu bec et ongles le bien fondé de son accord sur le Brexit mardi devant le Parlement en ouvrant cinq jours de débats qui se solderont par un vote sur le texte, déterminant pour l'avenir du Royaume-Uni.

Mais avant qu'elle ne s'adresse aux députés, ceux-ci voteront pour décider si le gouvernement s'est rendu coupable d'"outrage au Parlement", en refusant d'accéder aux demandes de partis d'opposition de publier la totalité de l'avis juridique britannique sur le traité de retrait. "C'est un usage de longue date" de ne pas dévoiler ce type de documents, a aussi dit Theresa May à ses ministres, selon un porte-parole de Downing Street.

Mais le texte suscite l'hostilité de députés de tous bords.

Outre l'opposition travailliste, les europhiles du Parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes, l'allié nord-irlandais de Theresa May, le petit parti unioniste DUP, s'opposent au texte, ainsi que des dizaines de députés conservateurs favorables à une rupture franche avec l'UE.

Menacée d'un échec au Parlement, la cheffe du gouvernement a fait planer la menace d'un départ de l'UE sans accord qui aurait de lourdes conséquences pour l'économie britannique.

Cet avis pourrait renforcer les positions des opposants au Brexit, qui pourraient se baser dessus pour demander un second référendum voire l'annulation de la procédure. De son côté, le Labour compte déclencher une motion de défiance si Theresa May échoue à faire adopter son texte. Sans compter les eurosceptiques de son propre camp qui voudraient aussi la renverser. "Elle est destructrice pour notre système politique, et la vie est faite de compromis", a-t-elle poursuivi, soulignant que son accord respectait le résultat du référendum de juin 2016 ayant acté le Brexit.

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Après des mois de discussions, le texte conclu avec l'UE laisse les deux camps frustrés.

Les plus fervents "Brexiters" estiment que le Royaume-Uni ne va pas franchement couper les ponts avec l'UE avec un tel accord, tandis que les europhiles espèrent encore faire marche arrière.

"C'est une énorme victoire", s'est réjoui sur Twitter Alyn Smith, député du parti indépendantiste écossais SNP.

Le traité de retrait comprend notamment la facture du divorce dont devra s'acquitter le Royaume-Uni, évaluée entre 40 et 45 milliards d'euros, garantit les droits des expatriés européens et définit une période de transition qui commencera après le Brexit, prévu le 29 mars, pour durer jusqu'en décembre 2020.

Il prévoit un "filet de sécurité" pour éviter le retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et l'Irlande et préserver la paix sur l'île.

Ce mécanisme controversé, qui consiste à créer un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni, avec un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, n'entrerait en vigueur qu'après la période de transition, si aucune meilleure solution n'était trouvée.

Cette déclaration survient alors que s'est ouvert mardi le débat parlementaire sur l'accord de sortie de la Grande-Bretagne de l'UE négocié entre Londres et Bruxelles, avec un sévère camouflet pour Theresa May.

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