Published: Mer, Novembre 07, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Près de 75% de participation à 17h — Nouvelle-Calédonie

Près de 75% de participation à 17h — Nouvelle-Calédonie

Pas de défilé bleu-blanc-rouge dimanche soir à Nouméa: les partisans d'un maintien de la Nouvelle-Calédonie dans le giron français ont fêté dans une grande discrétion la victoire du non, moins large que prévu, au référendum sur l'indépendance. Voici les conséquences politiques et les principaux enseignements qu'on peut tirer de ce scrutin historique. Au lendemain du scrutin de ce dimanche, le Premier ministre Edouard Philippe s'est rendu sur place en saluant la participation "absolument considérable" de la population.

Dans l'ensemble, le référendum pour l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie s'est tenu dans le calme, souligne LCI. Que ce soit pour suivre le mot d'ordre du PT (mais je n'y crois pas forcément et cela n'est pas démontrable de toutes les façons) ou bien parce qu'ils ont beaucoup plus cru ici qu'ailleurs aux arguments frauduleux des anti-indépendantistes visant à faire peur sur l'avenir des retraites, l'accès à la santé ou autre dans le cadre d'une indépendance...

L'accord de Nouméa prévoyait qu'au terme d'une période de vingt ans " le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité " seraient soumis à référendum. Depuis dimanche, les dirigeants du FLNKS répètent qu'ils ont l'intention "d'aller jusqu'au bout du processus de décolonisation" de l'accord.

La participation a été massive, avec 80,63% de votants, a indiqué le Haut-Commissariat. Cette mobilisation marque l'échec du parti Travailliste (indépendantiste) qui avait appelé à s'abstenir à ce qu'il avait qualifié de "farce". Les Kanak, population originaire de l'archipel, sont toujours citoyens de seconde zone: salaires inférieurs, taux de chômage à plus de 20 % contre 11 % pour le reste de la population, ils représentent plus de 90 % des prisonniers... Tandis que dans le Nord, le oui atteint 75,8 % avec plus de 82 % dans les îles Loyauté qui sont réservées aux Canaques. Ce n'est que par cette voie que les modalités de mise en œuvre des référendums pourront être revues, parce que le consensus local sur le sujet est un préalable au consensus national au sein du Parlement de la République. Hier, seule la France insoumise écrivait dans un communiqué sa "profonde déception pour tous ceux qui croient à la nécessité d'une pleine souveraineté des populations de l'archipel", rappelant qu'il faut "demeurer fidèle à l'esprit et à la lettre des accords de Matignon et Nouméa", qui laissent "ouverte la perspective historique de l'indépendance".

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Les Calédoniens ont choisi à plus de 56% le non à l'indépendance. Selon les chiffres officiels, la liste électorale spéciale pour la consultation (LESC) comptait un minimum de 46% de Kanak.

"Le vote " non " à l'autodétermination de ce territoire français d'outre mer a remporté le référendum aujourd'hui avec 56,4% contre 43,6% pour le " oui ".

Selon Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, il est "clair qu'on ne discute pas de la même manière quand on fait 43% plutôt que 30%". Mais de nombreux loyalistes ont demandé que ce que le premier référendum soit aussi le dernier. "Les indépendantistes peuvent sortir apaisés de ce scrutin car ils doivent se dire qu'avec la démographie qui leur est favorable, ils peuvent gagner".

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