Published: Lun, Octobre 29, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro élu président — Brésil

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro élu président — Brésil

Une victoire nette. Candidat de l'extrême droite, Jair Bolsonaro a été élu président du Brésil, dimanche 28 octobre, avec environ 56% des voix, selon des résultats encore partiels portant sur presque 90% des bulletins. "Les libertés individuelles sont en danger", a déclaré Haddad à la sortie du bureau de vote. "Cette campagne a été différente, on n'a quasiment pas entendu les propositions des candidats". Et les derniers fermeront à 19h00 heure locale. Ainsi, l'écart entre les deux prétendants à la succession du conservateur Michel Temer est passé de 18 points à la mi-octobre à 8 à 10 points à la veille du scrutin.

Dans un pays miné par une violence record, le marasme économique, une corruption endémique et une crise de confiance aiguë dans la classe politique, Jair Bolsonaro a réussi à s'imposer comme l'homme à poigne dont le Brésil aurait besoin. Ce populiste de 63 ans a proposé des remèdes simples, voire radicaux: armer la population pour que "les gens bien" se défendent, donner un permis de tuer aux forces de l'ordre en opération ou redresser la 8e économie mondiale avec des privatisations pilotées par un "Chicago boy" ultralibéral.

S'il a été accusé par ses adversaires d'être un "fasciste" ou de vouloir instaurer une dictature militaire, Jair Bolsonaro s'est défendu d'être une menace pour la démocratie, promettant d'être "esclave de la Constitution" et de gouverner "avec autorité, mais sans autoritarisme". Pour Marcio Coimbra, de l'Université presbytérienne Mackenzie, le Brésil a des garde-fous avec "un Parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne".

Avant le premier tour, le 6 septembre, il a frôlé la mort après avoir été victime d'une attaque au poignard lors d'un bain de foule.

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Le vote a été moins tranquille à Sao Paulo pour Fernando Haddad, accueilli par des partisans brandissant des roses et entonnant des chansons traditionnelles de la gauche, mais aussi par un concert de casseroles d'opposants.

Alvaro Cardoso, 55 ans, n'a pas hésité: "Bolsonaro va balayer les corrompus, il va chasser ces escrocs, ces communistes", veut-il croire après avoir voté à Rio pour le candidat d'extrême droite qui a capitalisé sur l'exaspération des Brésiliens. Le résultat attendu vers 23H00 GMT devrait jeter des centaines de milliers de Brésiliens des deux camps dans les rues.

Fernando Haddad, 55 ans, a promis de "rendre le Brésil heureux de nouveau" comme sous les mandats de Lula dans les années de croissance (2003-2010).

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