Published: Sam, Août 11, 2018
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Trump accentue la crise en Turquie - Monde

Trump accentue la crise en Turquie - Monde

La livre turque, dont la valeur a fondu de plus d'un tiers depuis le début de l'année, avait déjà cédé plus de 5% face au dollar jeudi.

Le président américain Donald Trump a accru vendredi la pression sur la Turquie, dont l'économie est déjà fragilisée, en annonçant une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs.

Face à cette déroute, M. Erdogan, qui fait face à l'un de ses plus difficiles défis économiques depuis son arrivée au pouvoir en 2003, a appelé ses concitoyens à la "lutte nationale" en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie. Son appel n'a fait qu'accélérer la chute de la livre.

Ces tensions diplomatiques ne sont pas étrangères à l'épisode de turbulences que connaît le cours de la libre turque, mais les marchés s'inquiètent plus généralement de la politique économique du président Recep Tayyip Erdogan, qui se targue d'être "l'ennemi des taux d'intérêts", refusant de rehausser ceux-ci, comme le lui conseillent de nombreux économistes, afin d'endiguer l'inflation galopante qui a atteint 16% en juillet en rythme annuel.

" Avec l'aide de Dieu, nous allons surmonter ces catastrophes et, de plus, nous mènerons avec succès la guerre économique ", a assuré le dirigeant turc à l'agence de presse étatique Anadolu.

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Cet effondrement qui pousse la Turquie vers une crise monétaire survient sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington et de défiance croissante des marchés envers l'équipe économique de M. Erdogan.

Dans un article publié vendredi, le Financial Times rapporte que la Banque centrale européenne s'inquiète d'une éventuelle exposition de certaines banques européennes très présentes en Turquie à la crise monétaire que traverse ce pays.

Cette annonce intervient en effet au moment où la Turquie est embourbée dans une grave crise diplomatique avec les Etats-Unis au sujet d'un pasteur américain détenu par Ankara. Le régulateur craint que certains emprunteurs ne soient pas couverts contre la baisse de la livre turque et commencent à faire défaut sur des emprunts en devises. Ces crédits, comparables à des emprunts toxiques en franc suisse, représentent jusqu'à 40 % des actifs du secteur bancaire turc, relève le quotidien britannique.

Le communiqué ajoute que la Turquie a toujours préconisé la solution des problèmes "par la voie de diplomatie, du dialogue, de la bonne volonté et de la compréhension mutuelle".

"Si vous avez des dollars, des euros ou de l'or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. Cependant, il semble que la rapidité de la chute (de la livre) renforce les inquiétudes d'une possible exposition de banques européennes au système bancaire turc", souligne Michael Hewson, un analyste de CMC Markets. Quasiment tous les établissements sont dans le rouge, avec BNP Paribas (-3,7%), ING (-3,8%), UniCredit (-3,8%), Deutsche Bank (-4%) et BBVA (-5%) qui signent les plus fortes baisses.

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