Published: Lun, Juin 25, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Cinq questions sur la réélection d'Erdogan — Présidentielle en Turquie

Cinq questions sur la réélection d'Erdogan — Présidentielle en Turquie

Il a également revendiqué la majorité parlementaire pour l'alliance dominée par son parti, l'AKP.

Erdogan, au pouvoir depuis 15 ans, n'a pas attendu l'annonce de la commission électorale pour revendiquer la victoire.

Après dépouillement de plus de 92 % des bulletins, M. Erdogan à l'origine de la convocation de ses élections anticipées qui devaient avoir lieu en novembre 2019, obtient plus de 53 pc des suffrages, suivi de loin par son principal rival, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP), Muharrem Ince, avec un peu plus de 30 pc et en troisième place, le candidat du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtas, avec 7,89 pc.

Erdogan qui rempile pour un nouveau mandat de 5 ans a battu son principale challenger, l'opposant, du parti social démocrate, Muharrem Ince. "Selon eux, notre nation m'a confié la responsabilité de président de la République".

Après avoir voté dans son fief de Yalova (nord-ouest), M. Ince a indiqué qu'il se rendrait à Ankara pour attendre les résultats devant le siège de la haute autorité électorale. Quelque 59 millions d'électeurs étaient appelés à voter pour ce double scrutin présidentiel et législatif qui marquera le passage du système parlementaire en vigueur à un régime présidentiel. "Les résultats ne changeront pas, ces 16 dernières années c'est toujours Erdogan qui a gagné".

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"La victoire d'Erdogan est incontestablement le signe de sa grande popularité auprès de l'électorat turc, en particulier l'électorat conservateur dans les régions rurales d'Anatolie, et le signe de sa résilience face à une opposition unie", analyse Jana Jabbour, docteure associée au Ceri/Sciences Po et spécialiste de la Turquie.

Mais ses opposants accusent M. Erdogan de vouloir monopoliser le pouvoir avec cette réforme qui supprime notamment la fonction de premier ministre et permet au président de gouverner par décrets.

La campagne a été marquée par une couverture médiatique très inéquitable en faveur du président turc, dont chaque discours a été retransmis in extenso par les télévisions. Il est à noter que, d'après des résultats préliminaires, le parti pro-kurde fait son entrée au parlement.

Dans ce contexte, les craintes de fraudes sont vives, notamment dans le sud-est à majorité kurde. Les opposants, qui avaient mobilisé une armée d'observateurs, ont dénoncé des irrégularités, notamment dans la province de Sanliurfa.

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