Published: Jeu, Avril 11, 2019
International | By Marie-Louise Baume

L'UE planche sur un nouveau report, "rien n'est acquis" prévient Macron — Brexit

L'UE planche sur un nouveau report,

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens s'apprêtaient mercredi 10 avril à reporter une nouvelle fois la date du Brexit pour éviter un départ brutal du Royaume-Uni de l'Union européenne dès vendredi soir, mais devaient encore s'accorder sur la durée du report et ses conditions.

Downing Street a répété dans la journée que Mme May se concentrait sur la date du 30 juin, tout en insistant que Londres souhaitait garder l'option de partir le 22 mai afin d'éviter les élections européennes (du 23 mai au 26 mai).

Second report demandé. Initialement prévu pour le 29 mars, le départ du Royaume-Uni a déjà été repoussé au 12 avril. Mme May n'a en revanche pas dit explicitement si elle accepterait une offre des dirigeants des Vingt-Sept sur un report du Brexit au-delà de la date du 30 juin qu'elle réclame. Theresa May s'est rendue mardi à Berlin et elle était attendue à Paris pour défendre son report du Brexit auprès d'Angela Merkel et Emmanuel Macron. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a, lui, proposé de réfléchir à une prolongation plus longue, jusqu'à un an.

"Rien n'est acquis", a dit le président français à Bruxelles mercredi alors que les européens sont saisis d'une demande de report du Brexit.

"Theresa May devrait nous donner les raisons pour lesquelles elle veut ce report, et ces raisons doivent être crédibles", a déclaré le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, cité par les médias locaux. Avant de se décider, les 27 attendent des clarifications de la part de Theresa May sur deux points: l'avancée des discussions avec l'opposition travailliste et une réponse franche à la question de savoir si elle participera aux élections.

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Redoutant un "Brexit sans accord accidentel" et soucieux d'éviter des "sommets Brexit à répétition", le Polonais avance l'idée d'une "prolongation flexible, qui ne durerait que le temps nécessaire et pas plus d'un an". "Le +no deal+ ne sera jamais la décision de l'UE, ce sera toujours la responsabilité du Royaume-Uni de nous dire ce qu'il veut", a-t-il prévenu.

D'autant que les prochains mois seront délicats, avec l'installation d'une nouvelle Commission européenne dans la foulée des élections et des discussions sur des dossiers comme le futur budget à long terme de l'UE.

Le sommet de Bruxelles sera précédé par une "réunion de coordination" à l'initiative de la Belgique qui réunira une demi-douzaine de pays, ceux qui seraient les plus "directement affectés" par une sortie du Royaume-Uni sans accord de divorce.

Les discussions avec l'opposition travailliste pour tenter de sortir de l'impasse sur le Brexit reprendront après le sommet européen de mercredi, a annoncé mardi le gouvernement britannique, signifiant qu'elles n'ont toujours pas abouti. Prônée par le Labour, elle empêcherait Londres de mener une politique commerciale indépendante après le Brexit. La Chambre des Lords a entériné lundi soir une proposition de loi visant à obliger légalement la cheffe du gouvernement à repousser le Brexit si les parlementaires n'arrivaient pas à se mettre d'accord.

En conséquence, le gouvernement présentera mardi une motion aux députés, précisant que la première ministre cherchera une extension jusqu'au 30 juin. Les nominations de hauts dirigeants après les élections (président du Parlement européen, président de la Commission, nomination du Haut représentant et de la Commission dans son ensemble) ne nécessitent pas d'unanimité mais seulement une majorité qualifiée.

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