Published: Mer, Avril 10, 2019
Entreprise | By Tatiana Lecocq

L'étonnante leçon de management de Carlos Ghosn

L'étonnante leçon de management de Carlos Ghosn

Ce n'est pas nouveau, vous l'avez déjà entendu de moi: "je suis innocent de toutes les accusations portées contre moi".

Des accusations "sorties de leur contexte et détournée dans le but de dépeindre un personnage d'avidité" explique Carlos Ghosn. Il accuse des dirigeants de Nissan de "trahison". "C'est une histoire de complot, de conspiration, de trahison", déclare en anglais l'ancien PDG de Renault-Nissan dans ce message tourné la veille de son interpellation, ont précisé ses défenseurs.

Il a cité des noms de responsables certes, mais le son a été coupé au montage à la demande de ses avocats.

"Il s'agit d'un complot. Il ne s'agit pas de cupidité ou de dictature, mais d'un complot, c'est un complot, c'est d'un coup de poignard dans le dos".

"Il y a un phénomène qu'il ne faut pas négliger: c'est que depuis qu'on a écarté de toutes responsabilités Carlos Ghosn, quels sont les Français qui sont à la direction de Nissan?" "Il y avait la peur que dans la prochaine étape de l'alliance, l'autonomie de Nissan soit menacée", souligne-t-il, rappelant que lui-même avait "toujours été le farouche défenseur de cette autonomie".

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A l'occasion de la conférence de presse de mardi matin, son conseil Junichiro Hironaka a par ailleurs annoncé son intention de déposer mercredi un recours devant la Cour suprême pour obtenir la remise en liberté de son client. Sa garde à vue au Japon a été prolongée jusqu'au 14 avril.

Interrogé sur le départ précipité de Carole Ghosn du Japon après l'arrestation de son mari, M. Hironaka a avancé qu'"elle avait peur pour sa sécurité" à cause, selon lui, des procédés des procureurs, mais elle s'est depuis dite prête à répondre en tant que témoin aux sollicitations de la justice. En effet, l'ancien patron de Renault et de Nissan a été de nouveau arrêté le 4 avril, et dort encore dans une cellule de la prison de Kosuge, dans laquelle il a déjà passé cent huit jours.

Libéré début mars sous caution moyennant le paiement d'une caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros), le patron a été de nouveau arrêté jeudi dernier à son domicile de Tokyo.

Cette fois, le parquet le soupçonne d'avoir transféré des fonds de Nissan à une société "de facto contrôlée par lui", via un distributeur de véhicules du constructeur japonais à l'étranger. Il est notamment accusé d'avoir tenté de faire couvrir par la compagnie des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008.

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