Published: Jeu, Mars 14, 2019
Divertissement | By Capucine Hennequin

Le procès pour "escroquerie" s'ouvre à Paris — Bernard Tapie

Le procès pour

Bernard Tapie le 7 janvier 2019 sur un plateau de LCI. Depuis ce lundi 11 mars, l'homme d'affaires fait face à la justice dans le cadre de l'arbitrage rendu dans l'affaire crédit lyonnais-Adidas.

Sourire en coin, à la barre, Bernard Tapie a ainsi acquiescé quand la présidente lui demande si sa profession déclarée est bien celle "d'acteur". "L'escroc, ce n'est pas moi mais le Lyonnais", déclare-t-il dans un entretien au Figaro. Dimanche, sur France Info, il s'est dit " très angoissé mais déterminé pour que la vérité éclate ".

"Mais cette décision cachait, selon des juges d'instruction, une " escroquerie " et un " détournement de fonds publics ".

C'est un feuilleton interminable.

Ils comparaissent avec un des arbitres, Pierre Estoup, 92 ans, accusé de participation à un simulacre d'arbitrage en collusion avec Maurice Lantourne, 62 ans, avocat de Bernard Tapie, également prévenu dans ce procès.

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Le patron du groupe de médias "La Provence", qui lutte à 76 ans contre un cancer de l'estomac, est jugé pendant quatre semaines pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics", aux côtés de cinq co-prévenus. En juillet 2008, cette sentence avait attribué plus de 400 millions d'euros à l'ancien ministre, dont 45 millions pour "préjudice moral ".

Cette sentence ayant été annulée au civil, Bernard Tapie a été condamné à rembourser les sommes perçues, elles aussi contestées.

L'avenir des sociétés de M. Tapie, dont dépend ce remboursement, est par ailleurs suspendu à une décision du tribunal de commerce de Paris. Saisi d'une demande de liquidation judiciaire, ce tribunal devrait renvoyer l'audience prévue également ce lundi matin.

Bouillonnant, pressé d'en découdre, Bernard Tapie n'a rien perdu de ses qualités d'orateur, capable de mettre les rieurs de son côté, allant jusqu'à emprunter les lunettes du procureur pour lire un document, et faisant s'esclaffer la salle. Une fois la sentence rendue, il aurait tout fait pour que Bercy n'engage pas de recours.

En cas de condamnation, son maintien à la tête d'Orange serait fortement compromis. S'estimant spolié par sa banque, le Crédit Lyonnais, alors publique, Bernard Tapie avait entamé une longue bataille judiciaire. "L'enjeu, c'est de savoir si la fraude reconnue par la juridiction civile peut être qualifiée pénalement d'escroquerie", pointe Benoît Chabert, l'avocat du Consortium de réalisation. Avec son lot de hauts fonctionnaires soupçonnés d'avoir intercédé en sa faveur au détriment des intérêts de l'État, et le spectre du favoritisme de la part d'un des grands absents de ce procès: "l'ancien président Nicolas Sarkozy", résume le quotidien de Lausanne.

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