Published: Mer, Mars 06, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Nuit de protestation après la candidature officielle d'Abdelaziz Bouteflika — Algérie

Nuit de protestation après la candidature officielle d'Abdelaziz Bouteflika — Algérie

Le dossier de candidature du président sortant a été déposé dimanche au Conseil constitutionnel par son directeur de campagne.

Les Algériens ont manifesté en masse depuis dix jours à Alger et à travers le pays contre la perspective d'un 5e mandat du chef de l'Etat âgé de 82 ans, élu pour la première fois en 1999 et réélu depuis sans discontinuer et toujours avec plus de 80% des voix au 1er tour. Hasard - ou non - du calendrier, la candidature du président en fonction de la République algérienne a été déposée ce dimanche. par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane. Il précise qu'il ne se représentera pas en tant que candidat à sa propre succession lors de ce nouveau scrutin. Il s'agirait de réunir toutes les instances représentatives et tous les opposants y seront invités. Autre annonce: une nouvelle Constitution sera rédigée et soumise à référendum.

La presse indépendante parue lundi affichait elle aussi sa colère. Surtout, le lien de confiance est rompu: les Algériens ne croient pas que le clan Bouteflika quittera le pouvoir.

Les manifestants, qui se sont rassemblés depuis plusieurs jours dans les principales villes d'Algérie - mais aussi dans plusieurs villes françaises dont Montpellier -, estiment que Bouteflika n'est plus en mesure d'assumer les fonctions liées à sa charge.

Principal adversaire de M. Bouteflika aux présidentielles de 2004 et 2014, son ancien premier ministre Ali Benflis a annoncé dimanche renoncer à se présenter à une présidentielle qui n'a plus " lieu d'être " en raison de la contestation. Handicapé par les séquelles de son AVC en 2013, qui l'a laissé aphasique et largement paralysé, il est hospitalisé en Suisse depuis plus d'une semaine pour des "examens médicaux périodiques". Son retour n'a toujours pas été annoncé.

Cités par l'AFP, les Algériens déplorent le "mépris", "l'insulte au peuple" ou encore "l'affront" du dirigeant. 'On', c'est le peuple, c'est 42 millions de personnes. "C'est pas une poignée [de dirigeants] qui va nous imposer sa loi", explique par exemple un chômeur de 22 ans à l'agence française.

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Son parti est l'un des multiples mouvements politiques ou associatifs qui se sont joints à la manifestation, né d'un appel citoyen sur les réseaux sociaux. "La France souhaite que les élections se déroulent dans de bonnes conditions".

Par ailleurs, aucune personnalité ne peut prétendre aujourd'hui mener une révolution.

En Algérie, la contestation anti-Bouteflika ne semble pas faiblir.

Officiellement, sept candidats d'opposition ont déposé un dossier de candidature en vue de la présidentielle. Transfuge du Front de libération nationale (FLN, le parti de Bouteflika), il n'a toutefois recueilli 3% des voix à la présidentielle de 2014.

Le général à la retraite Ali Ghediri, débarqué de façon fracassante sur la scène politique algérienne fin 2018 en promettant "le changement" et "une IIe République" s'est présenté dans la matinée au Conseil constitutionnel pour y déposer son dossier.

Malgré ces engagements, de nombreux protestataires, des jeunes pour la plupart, ont manifesté dans les rues de la capitale, Alger, mais aussi à Paris, à Montréal et à Ottawa, refusant que le président soit candidat.

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