Published: Jeu, Février 28, 2019
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Air France-KLM : les Pays-Bas défient Paris en entrant au capital

Air France-KLM : les Pays-Bas défient Paris en entrant au capital

Les tensions entre les compagnies Air France et KLM sont montées d'un cran mercredi quand le président Emmanuel Macron a demandé à La Haye de " clarifier ses intentions " après l'entrée surprise des Pays-Bas au capital du groupe franco-néerlandais.

Air France-KLM est entré dans une zone de fortes turbulences mardi avec l'irruption surprise de l'État néerlandais au capital de la compagnie, désireux de défendre ses intérêts, une opération accueillie froidement par le gouvernement français et par les investisseurs.

Dans une lettre adressée au Parlement, le ministre des finances a expliqué qu'à " plusieurs reprises ces dernières années, les intérêts néerlandais n'ont pas été suffisamment pris en compte dans les décisions concernant l'entreprise dans son ensemble ".

L'Etat néerlandais a pris une participation de 12,68% dans Air France-KLM sans prévenir le gouvernement français.

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Air France-KLM a annoncé mercredi dernier un bénéfice net de 409 millions d'euros en 2018, soit plus du double de l'année précédente (163 millions), disant faire preuve d'une "bonne résistance" malgré les grèves chez Air France et la hausse de la facture de carburant.

La source a en outre dénoncé ce qu'elle a qualifié d'"une forme de duplicité" des Néerlandais, affirmant qu'Air France-KLM avait "préparé un Memorandum of understanding", soit un protocole d'accord, avec les autorités néerlandaises "pour garantir les intérêts de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol dans le cadre de l'alliance".

Parallèlement, les analystes de Morgan Stanley ont abaissé leur recommandation sur le titre Air France-KLM à "pondération en ligne" contre "surpondérer", estimant que l'apaisement des relations sociales et la meilleure visibilité sur la stratégie du groupe étaient intégrés dans le cours. Objectif: "obtenir à terme une position équivalente à celle de l'Etat français", a précisé le ministre. Pourquoi les Pays-Bas ont-ils agi de la sorte, et que change cet investissement dans les rapports de force au sein du groupe?

Le ministre néerlandais des finances a annoncé l'acquisition par l'Etat de 12,68% du capital du groupe aérien Air France-KLM, afin d'y rétablir l'équilibre avec la France. Au début du mois de février, la tension est encore montée d'un cran quand Pieter Elbers, a voulu se mesurer avec Benjamin Smith, le nouveau boss d'Air France-KLM, en exigeant une plus grande autonomie de la compagnie néerlandaise vis-à-vis de la maison-mère. Résultat, alors qu'Air France emploie plus de monde, possède une flotte d'avions bien plus large et réalise un chiffre d'affaires supérieur, c'est pourtant KLM qui réalise aujourd'hui les trois quarts des profits du groupe. En y ajoutant les quelque 4 % du capital détenu par les salariés d'Air France, le bloc de contrôle français restera prépondérant. Pour clarifier la situation, Bruno Le Maire recevra Wopke Hoekstra "en fin de semaine" afin d'engager une discussion "franche et amicale" sur cette prise de participation dont il n'avait pas été informé.

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