Published: Mar, Février 19, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Trump presse les Européens pour rapatrier leurs jihadistes détenus en Syrie

Trump presse les Européens pour rapatrier leurs jihadistes détenus en Syrie

Ils sont Français, Allemands, Irlandais, Italiens, Britanniques ou encore Canadiens.

La victoire contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie sera annoncée dans "quelques jours", a affirmé samedi un commandant de l'alliance arabo-kurde. Les hommes sont emprisonnés, les femmes et les enfants dans des camps de déplacés.

Le sujet doit être évoqué lundi par les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne à Bruxelles qui se rencontrent pour discuter entre autres de "la situation en Syrie, en particulier les derniers développements intervenus sur le terrain", selon l'ordre du jour de la réunion. "Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l'EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice", a tweeté le président américain.

"Il y a toujours de nombreux civils à l'intérieur du réduit de Daesh, c'est une surprise de taille", a indiqué Adnane Afrine, porte-parole des FDS. Les Etats-Unis ne veulent pas que ces combattants de l'EI se répandent en Europe où ils devraient se rendre.

L'administration semi-autonome kurde refuse de son côté de juger les étrangers et veut les renvoyer vers leurs pays d'origine. Mais les puissances occidentales se montrent réticentes face à l'hostilité d'une partie de leurs opinions publiques. A défaut, le président américain a annoncé qu'ils seraient "obligés de les libérer". Pour cela, "nous avons besoin d'informations judiciaires, et cela n'est pas encore le cas", a-t-il ajouté, jugeant dans ces conditions un rapatriement "extrêmement difficile à réaliser".

Après sa réticence initiale, Paris semble envisager le retour de ses ressortissants. Familles et défenseurs des droits humains s'inquiètent d'un possible transfert des jihadistes étrangers, notamment Français, vers l'Irak voisin, où des centaines de personnes ont été condamnés à mort ou à la perpétuité pour avoir rallié l'EI.

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"L'aspect " pratique " de tels rapatriements est également mis en avant par l'Autriche, qui compterait une trentaine de combattants en Syrie, selon les services autrichiens de renseignement". Ce désengagement, et la menace d'une offensive turque contre les forces kurdes, font craindre un chaos sécuritaire qui profiterait à une éventuelle résurgence de l'EI. D'août 2014 à août 2018, la coalition a réalisé 30.008 raids aériens en Irak et en Syrie.

"La présence de l'EI est maintenant limitée à ces combattants dans les tunnels", a indiqué l'OSDH.

"Cela fait deux jours que personne n'est sorti", a indiqué à l'AFP un combattant des FDS.

Depuis le lancement en décembre de l'offensive des FDS pour éradiquer la dernière poche de ce "califat" synonyme de terreur, près de 40.000 civils ont fui la zone des combats.

La bataille contre l'EI n'est qu'un des fronts de la guerre en Syrie qui a éclaté en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie.

Mais les jihadistes sont aussi dispersés dans le vaste désert central de la badiya et revendiquent des attaques parfois meurtrières menées par des "cellules dormantes" dans les régions contrôlées par les FDS.

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