Published: Mar, Février 19, 2019
Divertissement | By Capucine Hennequin

La justice autorise la sortie en salles du film " Grâce à Dieu "

La justice autorise la sortie en salles du film

La sortie au cinéma de Grâce à Dieu sur environ 300 copies pourra donc bien avoir ce lieu ce mercredi 20 février. Fondée à Lyon en 2015 par d'anciens scouts abusés par Bernard Preynat, l'association de victimes La Parole libérée recense au total près de 85 victimes de ce prêtre.

Dans un entretien avec le quotidien Le Monde, François Ozon révèle qu'il a montré son film à la Conférence des évêques.

Me Frédéric Doyez, avocat lyonnais du père Preynat, a précisé à l'AFP qu'ils allaient faire appel de la décision, mais que cela n'empêcherait pas le film de sortir. La raison: le père Preynat n'a pas encore été jugé pour les faits qui lui sont reprochés et qui sont présentés comme avérés dans le film. Il a dit "regretter amèrement cette décision, non seulement dans l'intérêt du père Preynat, mais plus largement dans l'intérêt général". Car, selon lui, " présenter durant deux heures comme coupable un homme qui n'a pas encore été jugé comme tel constitue une atteinte à la présomption d'innocence ". Le film suit trois d'entre eux, incarnés à l'écran par les acteurs Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud.

L'ensemble de cette affaire s'est déroulée à Lyon où une autre audience se tenait ce lundi qui maintiendra pour le film le suspense jusqu'à mardi 17h00: une ex-membre du diocèse de Lyon, Régine Maire, représentée dans le film sous son nom, réclame que son patronyme n'apparaisse pas, au nom de la protection de la vie privée et de la présomption d'innocence. Elle demande que son nom soit retiré du film.

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Suscitant la polémique sur les bancs de la justice, le film de François Ozon a néanmoins failli être reporté, à la demande des avocats du père Bernard Preynat, actuellement mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs depuis 2016. "Ce film essaie de rompre le silence d'institutions puissantes" sur ces affaires d'abus sexuels d'enfants, a déclaré le réalisateur français de 51 ans en recevant sa récompense.

Quant à l'utilisation des nom et prénom du religieux, le juge a conclu que dans la mesure où "l'affaire a rencontré un vif écho médiatique ", leur suppression ne serait "pas de nature à empêcher l'identification évidente de Bernard Preynat comme auteur des supposés faits". Rappelons que cette sortie coïncide aussi avec le procès du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, pour non dénonciation d'agressions sexuelles pédophiles. Le verdict de ce procès est prévu le 7 mars.

Début janvier à Lyon, Régine Maire a été jugée aux côtés du cardinal Philippe Barbarin pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions du prêtre.

Le film a déjà été livré à environ 300 salles. "Nous faisons face à de grosses résistances", a indiqué François Ozon lors d'une conférence de presse à Berlin, après avoir reçu son prix.

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