Published: Mar, Février 19, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Haïti: le président sort de son silence après une semaine de violences

Haïti: le président sort de son silence après une semaine de violences

Dans les principales villes d'Haïti, des barricades bloquent toutes activités, et au moins sept personnes ont été tuées.

"On a pris trop d'occupation aux mains des États-Unis, on n'en peut plus": dans la capitale haïtienne Port-au-Prince, déchirée depuis plus d'une semaine par des manifestations, un groupe a brûlé un drapeau américain vendredi après-midi, appelant à une aide de la Russie pour résoudre la crise. Tel est le message du gouvernement américain à ses ressortissants, un peu plus d'une heure après l'adresse à la nation du président de la république, Jovenel Moïse.

Le 11 février, la Conférence épiscopale de Haïti a publié un communiqué dans lequel elle déplore la situation alarmante du pays, secoué par une crise politique depuis plusieurs années.

. Le président s'est exprimé en créole au lendemain d'affrontements violents entre forces de l'ordre et manifestants dans le centre de la capitale Port-au-Prince. A distance, les deux groupes se sont longuement envoyé et relancé des pierres et des grenades lacrymogènes.

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En périphérie de la plus grande place d'Haïti, où la foule a terminé son parcours, quelques pillages ont visé les commerces environnants. Haïti est un des Etats les plus pauvres et les plus corrompus au monde: selon l'indice de perception de la corruption de l'ONG Transparency International, le pays se situe à la 161e place sur les 180 pays recensés en 2018. Une enquête doit déterminer les circonstances exactes de cette évasion spectaculaire.

Pendant sa campagne, Jovenel Moïse avait promis de "la nourriture dans toutes les assiettes et de l'argent dans toutes les poches", mais la vie des Haïtiens n'a fait que se dégrader et l'inflation a grimpé de 15 % depuis la présidentielle il y a deux ans. Se voyant reprocher par les manifestants de ne pas avoir tenu ses promesses et d'avoir contribué à l'aggravation de la pauvreté, le président haïtien reste muré dans le silence.

Une quinzaine d'anciens ministres et hauts fonctionnaires sont épinglés. De même qu'une entreprise dirigée à l'époque par Jovenel Moïse, identifiée comme bénéficiaire de fonds pour un projet de construction d'une route dont le contrat n'a pas été retrouvé par les juges ayant réalisé l'audit. Le département d'Etat "approuve" également le départ du personnel américain non essentiel.

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