Published: Ven, Février 15, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Le boxeur "Gilet jaune" condamné à un an de prison ferme

Le boxeur

Il pourra effectuer sa peine sous le régime de la semi-liberté, c'est-à-dire qu'il pourra travailler à l'extérieur pendant la journée et dormir en prison le soir.

Jugé hier après-midi par le tribunal correctionnel, il a écopé d'une peine de 30 mois de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l'épreuve. Dettinger, champion de France des lourds-légers en 2007 et 2008, est déjà incarcéré depuis plus d'un mois (le 9 janvier).

"J'ai voulu empêcher une injustice et j'en ai créé une autre", avait raconté pendant son procès Christophe Dettinger, cheveux ras et fine moustache, affirmant regretter une "erreur" qu'il a expliquée par la "violence" subie par les manifestants.

Cet homme, qui avait participé à tous les samedis de manifestation des "Gilets jaunes" depuis le début du mouvement, a notamment dit avoir voulu venir au secours d'une femme tombée au sol et frappée par un gendarme.

More news: Un convoyeur de fonds disparaît avec 1 million d'euros — Aubervilliers

"Le seul "crime " d'Éric Drouet a été de déposer " des bougies (...) sur la place de la Concorde à Paris en hommage aux victimes gilets jaunes décédées", avait alors déclaré son avocat M Kheops Lara, dénonçant une arrestation " totalement arbitraire ". Bam, bam, bam. Je ne comprenais pas. "Je vois une dame au sol, un coup de pied et un coup de matraque levée, c'est là que je me jette sur le gendarme et je tape", a-t-il déclaré d'une traite, très calme. " Il y a une colère extrême qui est montée et voilà", a dit Christophe Dettinger, qui a dit avoir "honte, tellement honte". Cette dernière, petit gabarit et cheveux fuschia, viendra à la barre confirmer qu'elle a "pris des coups". "Ce n'est pas une belle image".

Il est défendu par trois avocats, dont le très expérimenté ténor du barreau Henri Leclerc, que de vifs accrochages ont opposés à la présidente du tribunal, au procureur et aux avocats des parties civiles (outre les deux gendarmes, l'Etat et des associations de policiers et de gendarmes).

"J'aurais dû juste pousser". Comme dans les matches de boxe, "il y a des règles dans la vie", assène le procureur. "Cela faisait huit manifs qu'il n'y avait pas de règles", a rétorqué le prévenu. Pourquoi les choses dégénèrent sur cette passerelle surplombant la Seine en marge de l'acte 8 de la contestation sociale? À la barre, l'un des gendarmes frappés explique qu'il avait été positionné sur le premier tiers de la passerelle et non au bord pour éviter de devoir utiliser des troupes pour garder un escalier qui menait à la passerelle.

Le "boxeur" a répété qu'il n'était pas un "sale gitan, un casseur de flic".

Like this: