Published: Lun, Février 11, 2019
International | By Marie-Louise Baume

La relaxe requise pour médias et accusatrices — Procès Baupin

La relaxe requise pour médias et accusatrices — Procès Baupin

" On savait et on n'a rien fait". L'ancien ministre du Logement Cécile Duflot s'est dite victime ce dimanche 10 février d'une campagne de cyberharcèlement depuis jeudi dernier, date à laquelle elle a révélé avoir été agressée sexuellement par Denis Baupin lors du procès qu'il intentait à d'autres femmes. Depuis lundi, les journalistes Lénaïg Bredoux (Mediapart) et Cyril Graziani, leur directeur de publication respectif ainsi que huit de leurs témoins sont jugés pour avoir relaté, en mai 2016, des agissements de l'ex-député pouvant relever des faits de harcèlement ou d'agressions sexuelles.

Face au témoignage de Cécile Duflot, la femme de l'accusé reste de marbre.

En pleurs, à la barre, elle a raconté une agression qui s'est passée au Brésil quand elle accompagnait Denis Baupin qui était adjoint au maire de Paris pour un congrès mondial des écologistes.

Jeudi, l'ex-ministre de l'écologie racontait publiquement, pour la première fois, avoir été agressée sexuellement par Denis Baupin en 2008. "Je suis très fatiguée, ma fille vient de naitre, je l'allaite, donc je dois tirer mon lait toutes les 4 heures", explique-t-elle d'une voix tremblante, comme le rapporte Marie Barbier, la journaliste de "L'Humanité " dans un live-tweet.

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" Je tire mon lait, parce que je ne veux pas arrêter d'allaiter ma fille, quand je reçois un SMS de Denis Baupin qui me demande mon numéro de chambre parce qu'il a un truc à me dire ", a-t-elle décrit". Il m'a dit "je sais que tu en as autant envie que moi", poursuit Cécile Duflot à la barre. Cécile Duflot continue son récit effroyable en expliquant : Il a posé la main sur mon cou.

Après elle confie qu'elle a tout fait pour l'éviter par la suite, mais qu'elle n'a fait auucun signalement ni porté plainte. Une décision qu'elle regrette car elle met en avant sa "capacité d'encaisser", une dureté apprise en politique qui l'a rendue sourde "à l'égard des autres femmes".

"L'ancienne patronne des Verts a également déclaré regretter son " manque d'écoute " des femmes au sein du parti, une " énorme erreur ". J'ai été capable de dire à des femmes des choses comme "Si t'es choquée parce qu'un mec te demande de le sucer, franchement, ça nous arrive tous les jours" ou "c'est le genre de mec avec qui il est plus facile de coucher que de résister".

Son ancien bras droit, Stéphane Sitbon, va plus loin: " On savait tous et on savait presque tout. Je l'ai poussé dehors et j'ai claqué la porte". "J'étais vulnérable, j'avais un bébé de 2 mois. Je ne comprends même pas comment il a pu croire qu'il y avait une ouverture (.) Son regard m'a fait peur.

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