Published: Mar, Février 05, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Affaire Benalla - Perquisition avortée à Mediapart

Affaire Benalla - Perquisition avortée à Mediapart

Le site d'information avait publié jeudi dernier des extraits d'un enregistrement d'une conversation entre Alexandre Benalla, l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron licencié le 1er août dernier, et Vincent Crase, ex-employé de LREM et gendarme réserviste.

La source judiciaire a précisé que l'ouverture de l'enquête préliminaire, qui vise également la "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", est intervenue à la suite de la réception par le parquet de Paris d'"éléments", dont la nature n'a pas été précisée. Cette perquisition intervient dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet notamment pour atteinte à la vie privée d'Alexandre Benalla et enregistrements illicites. " C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart".

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "atteinte à l'intimité de la vie privée", après la diffusion par Mediapart d'enregistrements d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase. Dans ce cadre, les magistrats ont voulu perquisitionner les locaux de Mediapart, révèle le site d'informations ce lundi.

"À 11 h 10, un procureur assisté d'un deuxième procureur et de trois policiers, dont un commissaire divisionnaire de la brigade criminelle, sont venus frapper à la porte du journal en nous disant que c'était une perquisition, ce n'est jamais arrivé dans l'histoire de Mediapart", a ajouté Fabrice Arfi, coresponsable du pôle enquête du site.

More news: Un mort et deux blessés dans une avalanche — Savoie

Edwy Plenel et Fabrice Arfi ont dénoncé ce lundi 4 février une attaque contre le secret des sources. "Nous parlons d'une potentielle affaire de compromission au sommet de l'Etat", a encore indiqué Fabrice Arfi. La source judiciaire de l'AFP affirme qu'elle n'a pas été déclenchée à la suite d'une plainte d'Alexandre Benalla. Le premier se vantait notamment auprès du second du soutien du président de la République. Avant Mediapart, d'autres médias ont fait l'objet de perquisitions ou de tentatives de perquisition au cours des dernières années.

Alexandre Benalla a été licencié l'été dernier de l'Elysée après les révélations sur sa participation à la répression de manifestants du 1er-Mai 2018, épisode pour lequel il a été mis en examen.

Mediapart affirmait également la semaine passée qu'Alexandre Benalla aurait été impliqué directement dans un contrat de sécurité signé par Vincent Crase avec Iskander Makhmoudov, un oligarque russe, "proche de Vladimir Poutine" et "soupçonné par plusieurs magistrats européens d'accointances avec l'un des pires groupes criminels moscovites". Les journalistes avaient refusé de lui donner les clés permettant d'ouvrir la salle de rédaction. Ces sont les enregistrements récemment révélés concernant l'affaire Benalla qui sont visés.

Like this: