Published: Dim, Février 03, 2019
International | By Marie-Louise Baume

La Russie suspend sa participation au traité "INF"

La Russie suspend sa participation au traité

Le président Vladimir Poutine a déclaré samedi lors d'une réunion avec ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense que la Russie cessait à son tour de respecter le traité INF de 1987 sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, à la suite d'une décision analogue des États-Unis, annonce le Kremlin.

Pour Jeffrey Price, de la Johns Hopkins University, le traité INF avantage les Etats-Unis car, s'il interdit tous les missiles sol-air ayant une portée de 500 à 5500 km, qu'ils soient conventionnels ou intermédiaires, ceux qui sont lâchés par des bombardiers ou tirés depuis des sous-marins ne sont pas concernés.

Début décembre, de Bruxelles et avec le soutien de l'Otan, Mike Pompeo avait donné à la Russie 60 jours, jusqu'au 2 février, pour démanteler ses nouveaux missiles violant l'accord aux yeux des Américains et de le l'Alliance atlantique.

Au cours de la rencontre, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé Washington d'enfreindre le traité INF, mais aussi d'autres accords de désarmement, comme le traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Faute de quoi, il avait menacé de lancer la procédure de retrait, qui s'étend sur six mois.

Avant même la décision du gouvernement Trump, qui était attendue, la Russie avait mis en garde les Etats-Unis contre un retrait "extrêmement irresponsable", jugeant le traité "nécessaire" notamment à "la sécurité européenne".

Moscou accuse les Etats-Unis de chercher son "épuisement économique" par "une nouvelle course aux armements".

Les nombreuses discussions des deux derniers mois n'ont permis aucun progrès et peu d'observateurs envisagent une percée d'ici au retrait définitif de Washington, début août.

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Mike Pompeo a réaffirmé comme la veille que les États-Unis étaient "prêts" à "des négociations avec la Russie au sujet du désarmement", à condition que les résultats puissent être "mis en oeuvre et vérifiés". Axe essentiel de la prise de position française: la responsabilité du retrait américain incombe à la Russie. La Russie lui a immédiatement emboîté le pas, dénonçant une violation du pacte par les Américains.

L'Otan a appuyé "pleinement" la "démarche" américaine. Ce n'est pas la question de la " culpabilité de la Russie (...), c'est la stratégie des Etats-Unis de s'affranchir de leurs obligations juridiques internationales dans différents domaines", a immédiatement réagi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, après les déclarations de Trump.

Vladimir Poutine avait déjà menacé de donner son feu vert à la mise au point de nouveaux missiles de portée intermédiaire si les Américains renonçaient au traité INF.

Le traité FNI a été signé il y a 32 ans par le président américain Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev.

En fait, le Pentagone préparait déjà sa réponse au missile russe 9M729, dont la portée maximale est de 480 km seulement assure Moscou, alors que Washington, soutenu par les alliés de l'Otan, affirme que ce missile russe a déjà été testé sur des distances bien supérieures.

" Chacun a ses raisons", ajoutait-il dans un article cette semaine, et les experts " feraient mieux de renoncer à leurs appels en faveur du traité INF et de regarder ce qui a changé " pour bâtir un nouveau cadre de désarmement plus adapté au 21e siècle.

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