Published: Sam, Février 02, 2019
Divertissement | By Capucine Hennequin

L’opposition effarée par les nouvelles révélations dans l'affaire Benalla

L’opposition effarée par les nouvelles révélations dans l'affaire Benalla

Mis en examen dans l'affaire de la Contrescarpe, rattrapé par l'affaire de ses passeports diplomatiques, Alexandre Benalla n'en finit plus d'embarrasser l'Elysée par ses frasques et ses déboires judiciaires. Dans une longue enquête, publiée ce jeudi, Mediapart dévoile les extraits d'un échange entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, daté du 26 juillet, soit quelques jours après leurs mises en examen pour " violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public ". Or, cette rencontre constitue une violation de leur contrôle judiciaire. "T'es plus fort qu'eux, c'est pour ça que je t'avais auprès de moi." "Donc le patron nous soutient?" s'enquiert Vincent Crase.

Dans l'un des enregistrements, on découvre l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron confiant, assurant bénéficier du soutien du "président", de "Madame", Brigitte Macron, et de "Ismaël [Emelien, conseiller en communication du chef de l'Etat], qui [le] conseille sur les médias et compagnie".

Mais Benalla a une idée pour se sortir du mauvais pas Mars: "Faut changer de portage, faut faire ce qu'on avait prévu de faire et transfére (...) Faut que tu disparaisses de la boîte", annonce-t-il à Vincent Crase.

- Alexandre Benalla, badin: " Truc de dingue, le "patron" [c'est ainsi qu'il surnomme Emmanuel Macron - ndlr], hier soir il m'envoie un message, il me dit: "Tu vas les bouffer. "T'es plus fort qu'eux". "Alexandre Benalla, il a fait des fautes; est-ce qu'il mérite d'être traité comme le plus grand criminel en liberté?"

Alexandre Benalla prétend qu'Emmanuel Macron lui aurait envoyé dans un message cette curieuse exhortation, jetant une nouvelle lueur sur cette ténébreuse affaire, et sur le soutien dont aurait bénéficié l'ancien proche d'Emmanuel Macron.

Ismaël Emelien n'a pas répondu à Mediapart.

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"Ces révélations sont la confirmation que depuis le début l'Elysée cache une affaire d'Etat aux Français", a de son côté réagi une des porte-parole de LR, Lydia Guirous.

Sur les images, on voit les deux manifestants du 1er mai avant qu'ils ne soient molestés par Alexandre Benalla et Vincent Crase. Des révélations qui avaient non seulement plongé Emmanuel Macron dans la tourmente, mais qui avaient également donné lieu à deux commissions d'enquête parlementaires. L'ex-conseiller de l'Élysée aurait perçu de l'argent, dans le cadre de ce contrat, alors qu'il a affirmé le contraire devant la commission d'enquête du Sénat.

Par ailleurs, Médiapart révèle que contrairement à ce qu'il a affirmé devant le Sénat, Alexandre Benalla s'est personnellement impliqué, avec Vincent Crase, dans la signature d'un contrat de sécurité avec un oligarque russe proche de Vladimir Poutine, soupçonné d'être lié à la mafia.

"J'étais au courant de ses affaires, car c'est un ami, je ne vais pas le cacher devant vous aujourd'hui".

Prudent, Philippe Bas glisse tout de même: "Les faits qui sont rapportés à travers ces enregistrements viennent ajouter du crédit à cette hypothèse que Monsieur Benalla aurait été associé, pendant l'exercice de sa mission à l'Élysée, à un contrat avec cet oligarque russe". Jean-Louis Hagenauer a indiqué à l'hebdomadaire que Vincent Crase avait désigné Alexandre Benalla pour mettre sur pied ce fameux contrat. "Encore?", répond Alexandre Benalla.

Alexandre Benalla est devenu salarié de " France Close Protection " et percevait 12 474 euros, dans le même temps que ces indemnités de retour à l'emploi après son licenciement de l'Élysée, estimées entre 3 097 et 3 871 euros selon Mediapart.

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