Published: Mer, Janvier 30, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Royaume-Uni. Les députés votent contre un Brexit sans accord

Royaume-Uni. Les députés votent contre un Brexit sans accord

Mais peu après le vote, un porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk a martelé que l'accord de Brexit n'était pas renégociable. Ce "backstop", imposé par l'UE, permettrait également de ne pas revenir à une frontière réelle entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, qui est une province britannique.

Interrogé sur la réaction de Bruxelles, qui a exclu une réouverture des négociations sur l'accord, le porte-parole a estimé que " le message des dirigeants européens est clair, ils veulent une sortie avec accord et ils comprennent que c'est dans l'intérêt de l'UE comme du Royaume-Uni ".

Il a ajouté qu' "on pouvait s'attendre à ce que la Première ministre s'entretienne avec l'UE dans la journée ". Aussitôt après le vote de cet amendement, un porte-parole de l'UE a publié un communiqué ferme à l'attention des Britanniques: "Le 'backstop' fait partie du traité de retrait, et le traité de retrait n'est pas ouvert à une renégociation".

Malgré le refus déjà annoncé auparavant par Bruxelles, Theresa May espère pouvoir " rouvrir " l'accord de divorce, négocié fin novembre, entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Les députés ont donc rédigé des amendements, qui seront débattus et votés mardi s'ils sont sélectionnés par le président de la Chambre des Communes John Bercow, pour tenter d'infléchir la suite du processus.

"Étendre l'article 50 n'empêcherait pas une sortie sans accord", a balayé la chef du gouvernement mardi après-midi.

Theresa May a appelé les députés à "montrer à l'UE ce qu'il faut pour qu'un accord soit accepté par la Chambre (des Communes)" en ouvrant mardi après-midi les débats parlementaires.

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Prévu pour n'entrer en vigueur qu'à défaut d'autre solution à l'issue d'une période de transition, le "backstop" stipule que le Royaume-Uni demeure dans un "territoire douanier unique" avec l'Union européenne, ce qui limiterait la capacité de Londres à négocier des traités commerciaux avec des pays tiers. Cet amendement, qui n'est toutefois pas contraignant pour le gouvernement de la Première ministre conservatrice Theresa May, a été adopté de justesse, par 318 députés, tandis que 310 s'y sont opposés.

L'amendement, déposé par le conservateur Graham Brady, " me donnera le mandat dont j'ai besoin pour négocier avec Bruxelles un arrangement qui puisse obtenir (le soutien de) la majorité de cette Chambre", a plaidé M May.

Une autre députée travailliste, Yvette Cooper, a elle carrément déposé un amendement pour reprendre partiellement la main sur la question du Brexit.

La Première ministre s'est engagée à faire voter un accord remanié "dès que possible". Les députés doivent se prononcer sur ces amendements vers 19 heures GMT.

La déclaration d'Emmanuel Macron tombe au plus mauvais moment pour Theresa May. Par ailleurs, un amendement semblable, qui demandait un report de la date du Brexit si aucun accord de retrait n'était ratifié au 26 février, a lui aussi été rejeté avec 322 voix contre (290 voix pour). "Il est maintenant clair qu'il existe une voie qui peut garantir une majorité substantielle (.) au sein de cette assemblée pour quitter l'UE avec un accord", a déclaré la dirigeante après ces différents votes.

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