Published: Jeu, Janvier 10, 2019
International | By Marie-Louise Baume

Saoudienne menacée d'expulsion en Thaïlande: vers un probable asile en Australie

Saoudienne menacée d'expulsion en Thaïlande: vers un probable asile en Australie

Elle s'est ainsi barricadée dans un hôtel de l'aéroport de Bangkok (Thaïlande) en disant être menacée de mort par sa famille.

La pression médiatique, la mobilisation mondiale, illustrée par une pétition sur change.org signée par plus de 82 000 personnes, ont eu raison des autorités thaïlandaises qui avaient rejeté un recours contre son retour.

Le HCR a transmis le dossier de "Rahaf Mohammed Al-Qunun à l'Australie pour qu'elle examine l'opportunité de lui accorder l'asile en tant que réfugiée", a déclaré Peter Dutton, le ministère australien de l'Intérieur.

L'affaire Qunun a pris une dimension particulière après le meurtre du journaliste Jamal Kashoggi au consulat saoudien d'Istanbul en Turquie.

Après des frayeurs, Rahaf Mohammed al-Qunun est "heureuse".

La jeune femme se dit en transit pour aller demander l'asile en Australie où elle assure disposer d'un visa. Mais à son arrivée, elle a été arrêtée par des responsables saoudiens et koweïtiens qui l'auraient privée de son passeport.

Mais elle s'est barricadée dans une chambre d'hôtel de l'aéroport, postant sur Twitter une multitude de messages et de vidéos désespérés, et accédant immédiatement à la notoriété internationale.

" Je ne quitterai pas ma chambre tant que je n'aurai pas rencontré le HCR ", avait-elle mis en garde, barricadant la porte à l'aide d'une table.

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Rahaf Mohammed Al-Qunun accuse sa famille de l'avoir enfermée dans une pièce durant six mois simplement pour s'être coupé les cheveux. L'immigration thaïlandaise assure de son côté qu'elle tentait d'échapper à un mariage arrangé. Pendant quelques heures, elle a confié la gestion de son compte à trois de ses amies, dont au moins une a aussi quitté l'Arabie saoudite pour l'Australie.

Elle devrait être renvoyée en Arabie saoudite lundi, mais assure craindre d'y être emprisonnée.

Une situation confuse. La représentation à Bangkok du HCR a confirmé lundi "tenter d'avoir accès" à la jeune femme de 18 ans "pour évaluer son besoin de protection internationale".

" Elle a aussi indiqué qu'elle voulait renoncer à l'islam". "Si elle était forcée à rentrer dans son pays, les conséquences pourraient être dramatiques", a souligné le représentant de Human Rights Watch, estimant qu'elle était en train de devenir " un symbole de résistance ".

En avril 2017, le sort d'une autre Saoudienne, Dina Ali Lasloum, âgée de 24 ans et arrêtée alors qu'elle transitait par les Philippines pour se rendre à Sydney, avait suscité de vives inquiétudes.

L'ambassade saoudienne à Manille avait présenté l'incident comme une affaire de famille, assurant que la jeune femme était " rentrée avec sa famille au pays ".

Au départ, elle devait être renvoyée en Arabie Saoudite via le Koweït dans un avion qui a décollé lundi matin de Bangkok. Les femmes sont notamment soumises à la tutelle d'un homme (père, mari ou autre) qui exerce sur elle une autorité arbitraire et prend à sa place les décisions importantes.

Une femme qui est jugée avoir commis un crime "moral" peut être punie violemment par sa famille, y compris être tuée dans ce qu'on appelle un "crime d'honneur".

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