Published: Jeu, Décembre 20, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Les grandes manoeuvres d'Erdogan — Syrie

Les grandes manoeuvres d'Erdogan — Syrie

La semaine dernière, Erdogan avait déjà annoncé une prochaine offensive contre les combattants kurdes à l'est de l'Euphrate, provoquant l'irritation de Washington pour qui toute opération militaire unilatérale dans le nord-est de la Syrie serait "inacceptable".

La collaboration entre Washington et les YPG est l'une des principales pierres d'achoppement troublant les relations turco-américaines.

Washington, qui dispose de près de 2.000 soldats dans la région, appuie militairement les YPG dans leur lutte contre les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, au grand dam d'Ankara, qui considère cette milice comme une organisation "terroriste" en raison de ses liens avec le PKK, en guerre contre l'armée turque depuis 1984.

"Une action militaire unilatérale de toute partie dans le nord-est de la Syrie, plus particulièrement dans une zone où du personnel américain pourrait être présent, est très inquiétante", a ajouté un porte-parole du Pentagone, le ministère américain de la défense.

La Turquie, membre de l'OTAN, a déjà mené plusieurs offensives en Syrie pour chasser les YPG de régions que les milices kurdes contrôlaient à l'ouest de l'Euphrate.

"Les déclarations sur une éventuelle opération militaire turque dans le nord-est de la Syrie sont une source de préoccupation", a estimé Mme Mogherini, la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, dans une déclaration écrite publiée samedi.

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"Nous avons officiellement annoncé que nous allions lancer une opération militaire à l'est de l'Euphrate (.), nous en avons discuté avec monsieur Trump et il a donné une réponse positive".

"Il est évident que l'objectif des radars et des postes d'observations installés par les Etats-Unis n'est pas de protéger notre pays des terroristes, mais de protéger les terroristes de la Turquie", s'est emporté M. Erdogan.

Pour le président turc, cité par Anadolu, "Daech ne représente plus aucune menace en Syrie".

" Les menaces (turques) coïncident avec l'avancée de nos forces contre les terroristes, marquée par l'entrée dans la ville de Hajine", a indiqué mercredi à l'AFP le porte-parole des YPG, Nouri Mahmoud. Cette mesure a suscité l'ire de la Turquie qui voit dans ce dispositif une tentative américaine de protéger les YPG.

Une feuille de route avait été arrêtée en mai pour apaiser les tensions, prévoyant notamment le retrait des YPG de Minbej et la mise en place de patrouilles conjointes américano-turques, qui ont démarré en novembre.

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