Published: Sam, Décembre 15, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Brexit : Bruxelles refuse de renégocier les termes du divorce avec Londres

Brexit : Bruxelles refuse de renégocier les termes du divorce avec Londres

Elle a annoncé qu'elle projetait de quitter ses fonctions avant le scrutin législatif de 2022. Organisé à la demande d'au moins 48 députés tories qui ont signifié leur défiance auprès du Comité 1922, une instance interne d'organisation du Parti conservateur, ce vote s'impose automatiquement comme une nouvelle épreuve dans le marathon qui conduit Theresa May vers la sortie.

Dans une courte déclaration devant Downing Street, une Theresa May combative, a annoncé qu'elle se battrait "de toutes ses forces" et comptait bien "finir le travail" sur le Brexit. Elle s'exprimera jeudi dans l'après-midi devant ses homologues européens à Bruxelles.

"Environ 40 % de ceux qui connaissent le mieux Theresa May, ses propres députés conservateurs, ont voté pour dire qu'ils n'ont pas confiance en leur Première ministre".

La Première ministre conservatrice Theresa May s'adresse à la presse, le 12 décembre 2018 à Londres (Royaume-Uni), après avoir remporté le vote de défiance organisé au sein de son parti. Mais même dans ce cas, cela risque pour la première ministre britannique de n'être qu'une victoire à la Pyrrhus. Vous l'avez compris. Demain il y aura deux options sur la table: "la première, Theresa May obtient quelque chose et peut retourner en Grande-Bretagne en ayant de nouveaux éléments en main, soit les 27 vont accélérer les procédures juridiques en vue du rétablissement des frontières avec la Grande-Bretagne avant un accord qui ne sera plus désormais à l'amiable".

Ce "filet de sécurité" au coeur des inquiétudes britanniques prévoit la création d'un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni après la transition post-Brexit. L'accord est vilipendé tant par les "Brexiters" craignant un arrimage permanent du Royaume-Uni à l'UE que par les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière.

More news: Le bilan s’alourdit à Strasbourg — Fusillade en France

Les nouvelles garanties demandées par Londres concernent le "backstop", cette solution imaginée dans l'accord de divorce pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, qui mettrait en péril les accords de paix sur l'île. "L'idée d'une date de péremption pour la garantie, ça ne passera pas" du côté européen, a cependant déjà averti mercredi un diplomate européen.

Les dirigeants de l'UE, à Bruxelles comme dans les Etats membres, l'ont toutefois répété sur tous les tons: il n'est pas question de renégocier l'accord de divorce qui a nécessité 17 mois de tractations pour organiser le départ britannique, programmé le 29 mars 2019.

3L'accord peut-il encore être remanié?

"Il n'y aura pas de renégociation", mais tout au plus "des observations", a renchéri le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Mercredi soir à Bruxelles, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a déclaré que s'il était "clair que l'accord de retrait ne serait pas rouvert et amendé", il y avait tout de même "une certaine marge de manœuvre pour se rapprocher les uns des autres". Outre la question irlandaise, l'accord de Brexit règle notamment la question du solde de tout compte que devra verser le Royaume-Uni à l'Union européenne pour honorer ses engagements.

Tout reste à faire pour la cheffe du gouvernement qui va tenter, une nouvelle fois, d'arracher des concessions aux leaders européens, jeudi et vendredi, lors d'un sommet à Bruxelles.

Like this: