Published: Jeu, Décembre 13, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Canada : la dirigeante de Huawei libérée sous caution

Canada : la dirigeante de Huawei libérée sous caution

A l'issue de trois jours d'audience au tribunal de Vancouver, le juge a accédé à la demande de remise en liberté de la dirigeante de l'équipementier chinois, arrêtée à la demande des Etats-Unis qui suspecte Huawei d'avoir violé l'embargo sur l'Iran. Se félicitant immédiatement de la libération de sa directrice financière, Huawei a dit espérer une " résolution rapide " de l'affaire.

L'audience de mardi devrait être centrée sur le mari de la femme d'affaires, Liu Xiaozong, qui est prêt à se porter caution à hauteur de 15 millions de dollars (près de 10 millions d'euros), soit le prix estimé de leurs deux propriétés à Vancouver et un dépôt d'un million de dollars. Meng Wanzhou est sortie quelques heures plus tard de détention.

"Nous faisons entièrement confiance aux systèmes juridiques canadiens et américains pour qu'ils parviennent à une conclusion juste dans les procédures à venir", a écrit dans un communiqué le leader mondial des équipements télécoms et N.2 mondial des smartphones, qui réaffirme au passage respecter le droit international. Depuis qu'elle est sous la coupe des pouvoirs canadiens, les USA veulent son extradition afin de pouvoir déterminer si Huawei a outrepassé l'embargo sur l'Iran au cours de ces dernières années.

Le juge a annoncé la tenue d'une nouvelle audience de Meng le 6 février prochain. Les Etats-Unis ont 60 jours, à compter de l'arrestation de Mme Meng le 1er décembre, pour transmettre à la justice canadienne les documents complets relatifs à leur demande d'extradition.

Quelques heures avant la décision de justice, le gouvernement canadien avait confirmé l'arrestation en Chine d'un ressortissant canadien travaillant pour l'ONG internationale ICG, Michael Kovrig.

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Il a été arrêté lundi soir à Pékin par des agents de la Sécurité d'État - spécialisés notamment dans le contre-espionnage -, a précisé l'organisation.

Cet expert canadien de l'Asie du Nord-Est, qui a par le passé été diplomate à Pékin, Hong Kong et aux Nations unies, est actuellement en congé sans solde, détaché du ministère des Affaires étrangères mais sans statut diplomatique, a souligné à l'AFP un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat.

"Nous sommes au courant qu'un Canadien est détenu en Chine", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau. "Le gouvernement chinois veut mettre le maximum de pression sur le gouvernement canadien".

L'ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, a déclaré à Radio-Canada qu'il n'y avait "aucune coïncidence" en Chine. Elle a réaffirmé que la décision d'arrêter Mme Meng n'était pas "politique" mais la conséquence d'un traité d'extradition entre les Etats-Unis et le Canada. "Par conséquent, si elle a mené des activités sur le territoire chinois, elle a enfreint les lois en vigueur", a déclaré Lu Kang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

L'arrestation de Meng Wanzhou, au jour même où le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont convenu d'une trêve commerciale, a exacerbé les craintes d'un regain des tensions entre Washington et Pékin. Il a aussi assuré qu'il ferait "tout ce qui est bon" pour les États-Unis.

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