Published: Lun, Décembre 10, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Huawei: la directrice financière accusée de "fraude" par les États-Unis

Huawei: la directrice financière accusée de

"Huawei respecte toutes les lois et réglementations en vigueur, y compris les lois et réglementations en matière de contrôle des exportations et de sanctions, adoptées par l'ONU, les États-Unis et l'Union européenne", a ajouté le géant chinois.

Justin Trudeau a refusé de donner plus de détails, si ce n'est qu'Ottawa a été mis au courant du projet quelques jours auparavant.

Mme Meng avait été arrêtée le 1er décembre à l'aéroport de Vancouver, lors d'une escale entre Hong Kong et le Mexique.

On reproche à Mme Meng d'avoir prétendu que Huawei et Skycom étaient deux entreprises distinctes et d'avoir menti à un dirigeant d'institution financière, ce qui aurait mis cette institution en danger. "C'est le prix à payer pour traiter avec un pays comme la Chine", a-t-il ajouté.

Soupçonnée par les États-Unis d'avoir fraudé pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran, l'audience de la femme d'affaires de 46 ans, a été suspendue et décalée à lundi.

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En 2012, HSBC a conclu un accord avec les autorités judiciaires américaines moyennant le paiement de 1,92 milliard de dollars pour avoir contourné les sanctions et les lois sur le blanchiment d'argent. Selon un rapport publié le 4 octobre dernier par Bloomberg, le spécialiste américain des cartes mères de serveurs, Supermicro, aurait été compromis en Chine, où des groupes affiliés au gouvernement auraient infiltré sa chaîne d'approvisionnement pour insérer de minuscules puces, de taille comparable à un grain de riz ou à un bout de crayon, sur des cartes mères qui se sont retrouvées dans des serveurs déployés aux États-Unis. De son côté le Global Times affirme dans son édito que cette arrestation va "clairement à l'encontre du consensus établi entre les dirigeants chinois et américains en Argentine".

Cette affaire rappelle le cas d'un autre équipementier de télécommunications chinois, ZTE, qui a plaidé coupable en mars 2017 d'avoir fourni illégalement à l'Iran des technologies américaines.

Washington l'a sanctionné en interdisant en avril dernier aux sociétés américaines de lui vendre des composants.

La Chine a aussi exigé que les États-Unis "prennent des mesures immédiates pour rectifier ces mauvaises pratiques et lever le mandat d'arrêt contre cette citoyenne chinoise", poursuit le communiqué, avertissant d'une possible "réponse supplémentaire" de la part de Pékin.

Les produits Huawei sont utilisés par des opérateurs téléphoniques dans le monde entier, notamment en Europe, en Afrique et au Canada. De son côté, le directeur du Centre canadien de cybersécurité, Scott Jones, a indiqué jeudi que le Canada doit se tenir sur ses gardes après l'arrestation de Meng Wanzhou, "quel que puisse être l'éventuel facteur déclenchant" des représailles. Nous savons que des soupçons contre Huawei existent depuis plusieurs années.

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