Published: Dim, Décembre 09, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Une immigrée clandestine fait le ménage pour Donald Trump — États-Unis

Une immigrée clandestine fait le ménage pour Donald Trump — États-Unis

Depuis cinq ans qu'elle travaille dans son golf de Bedminster (New Jersey), la femme de chambre de 45 ans a fait son lit, nettoyé ses trophées et sa chambre, parfois même lorsque le 45 président américain était présent dans la pièce.

C'est elle qui a sollicité le New York Times, pour lequel elle a accepté de témoigner à visage découvert, en réaction aux propos du président américain mais aussi aux quolibets racistes d'un supérieur. Elle y effectue des tâches ménagères pendant les séjours réguliers du président.

Arrivée illégalement aux États-Unis en 1999, Victorina Morales est entrée au service de la résidence, qui comprend un parcours de golf, après avoir présenté de faux papiers.

More news: "Gilets jaunes" : le jour d'après

Travaillant pour 13 dollars de l'heure, Victorina Morales assure ainsi faire régulièrement le ménage dans la villa que possède le président Trump au sein de ce complexe sportif/hôtelier. Lors de cet entretien, elle assure avoir dit que ses papiers étaient faux, ce qui ne l'a pas empêchée de décrocher un emploi.

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale son cheval de bataille, est-il au courant? Les deux femmes expliquent avoir fait cette démarche pour dénoncer les propos très durs de Donald Trump sur les migrants, en particulier ceux venus d'Amérique latine. " Nous sommes fatigués des abus, des insultes, de la manière dont Donald Trump parle de nous alors qu'il sait que nous l'aidons à gagner de l'argent", a déclaré Victorina Morales au New York Times. "Nous nous mettons en quatre pour satisfaire tous ces besoins et nous devons supporter qu'il nous humilie".

La femme de ménage exprimait là un point de vue général sur Donald Trump mais explique avoir été traitée avec respect par l'ancien promoteur immobilier, qu'elle décrit comme exigeant mais poli et susceptible de donner de généreux pourboires. "Quant à la Trump Organization, propriétaire du club de golf, elle se borne à préciser qu'elle applique " une politique très stricte " envers ses " milliers d'employés répartis dans toutes ses propriétés ". En faisant cette déclaration, Victorina se doutait qu'elle perdrait son emploi, elle voulait cependant faire entendre sa voix et celle de toute une communauté.

Like this: