Published: Sam, Décembre 08, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Paris en état de siège — Gilets Jaunes

Paris en état de siège — Gilets Jaunes

"Face à des individus d'une violence inouïe, certains venant pour attenter à la vie des forces de l'ordre, le risque est grand que ce samedi noir prenne une couleur rouge sang", alerte ainsi le quotidien L'Alsace. Le mobilier urbain est utilisé et les CRS utilisent des camions à eau. Les premiers gaz lacrymogènes contre des manifestants ont été lancés.

Afin d'éviter de revoir des scènes de guérilla urbaine comme samedi dernier sur les Champs-Elysées, place de l'Etoile et sur les avenues adjacentes, mais aussi dans plusieurs villes de province comme Toulouse, le gouvernement va déployer pour cet "acte IV" du mouvement des Gilets jaunes un dispositif "exceptionnel".

"Des réquisitions ont été prises pour permettre de contrôler l'identité des personnes" en amont des manifestations, notamment dans les gares, a ajouté le procureur de Paris Rémy Heitz. Notamment sur les Champs Elysées où les affrontements entre manifestants et policiers ont rapidement eu lieu. 700 personnes ont été interpellées sur l'ensemble du territoire.

12h45 GMT - A Paris, le nombre de gardes à vue a grimpe à 335 sur 554 interpellations au total, selon la préfecture de police.

Plusieurs commerces des Champs-Elysées et des grands boulevards (BHV, Galeries Lafayette, le Printemps) seront fermés, ainsi que les bâtiments qui accueillent du public dans les zones les plus exposées (musées dont le Louvre, Tour Eiffel, centres culturels, centres sociaux, neuf marchés alimentaires, etc.).

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Le 30 novembre, une manifestation de 300 personnes avait dégénéré à Bruxelles, où deux véhicules de police avaient été incendiés.

Des policiers belges détenant un homme, place Schuman, à Bruxelles, le 8 décembre 2018. Par ailleurs, à Grenoble, l'interpellation d'un porte-parole des Gilets jaunes Julien Terrier, a fait monter la tension d'un cran. "La mobilisation populaire est déjà très forte partout en France", ajoute le chef de file de La France insoumise, qui soutient le mouvement depuis le début. Il a indiqué remercier tous ceux "qui ont appelé au calme pour faire en sorte que les Français qui veulent exprimer des revendications ne soient pas mélangés avec ceux qui veulent casser et en découdre avec les forces de l'ordre". 32 personnes ont été placées en garde à vue. A la mi-journée, les représentants des Gilets jaunes libres, Jacline Mouraud et le Toulousain Benjamin Cauchy ont appelé les Gilets jaunes à ne pas manifester à Paris.

Dans un style plus radical, Éric Drouet, devenu l'une des voix des gilets jaunes, est visé dans une enquête pour "provocation à la commission d'un crime ou délit", rapporte BFMTV.

Vers 10h25, les forces de l'ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes en direction des manifestants pour les faire reculer, dans une rue perpendiculaire aux Champs-Elysées, près de l'arc de Triomphe. Lors de la dernière journée de mobilisation, le samedi 1er décembre dernier, des casseurs avaient intégré le cortège parisien.

Un policier fouille la valise d'une jeune femme, à Paris. La mobilisation des "gilets jaunes" est aussi devenue le creuset de plusieurs autres contestations, notamment des lycéens qui ont manifesté et bloqué des établissements ces derniers jours à travers le pays. "Tout laisse à penser que des éléments radicaux, des factieux, vont à nouveau tenter de se mobiliser", a-t-il souligné alors que l'Elysée, dès mercredi soir, expliquait craindre de "très grandes violences". A Marseille par exemple, un millier de gilets jaunes ont défilé samedi matin depuis le Vieux Port vers la préfecture de région, précédés d'une dizaine d'ambulanciers qui ont rejoint le mouvement avec leurs véhicules, gyrophares allumés, a constaté l'AFP.

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