Published: Sam, Décembre 08, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Macron refuse de rencontrer la délégation — Gilets jaunes libres

Macron refuse de rencontrer la délégation — Gilets jaunes libres

"Ces trois dernières semaines ont fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs", a estimé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

À Paris, pour la première fois depuis des décennies, l'Etat engagera même des "VBRG", ces véhicules blindés à roue de la gendarmerie, pour maintenir l'ordre face notamment à des groupuscules d'extrême gauche et d'extrême droite déterminés à en découdre.

L'exécutif martèle qu'il est en état d'alerte maximale.

La journée de samedi s'annonce malgré tout comme celle de tous les dangers avec des manifestants qui risquent de se radicaliser avec ce revirement. Les Gilets Jaunes appellent à une grande mobilisation à Paris et en province.

Depuis dimanche, le gouvernement use de toutes les armes pour tenter d'apaiser, d'ici samedi, la colère qui gronde. "Il n'y a aucun précédent de cette ampleur", a souligné le directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey.

Mais pour près de huit Français sur dix (78%), elles ne répondent pas aux attentes exprimées par le mouvement, selon un sondage Elabe diffusé mercredi, alors qu'il n'était question que d'un moratoire de six mois.

Trois semaines après la première grande mobilisation contre la hausse de la taxe sur les carburants, le gouvernement se prépare au pire et craint une nouvelle flambée de violences pour " l'acte IV " du mouvement des Gilets jaunes.

Le mouvement des gilets jaunes est devenu une tornade qui menace un gouvernement perçu comme hautain, déconnecté, technocratique.

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Tour Eiffel, Musée du Louvre, d'Orsay, Pompidou, grands magasins fermés, rideau baissé sur la scène de l'Opéra, nombreux matchs de football reportés.

Par ailleurs, à l'occasion de la conférence climat de l'ONU en Pologne, une centaine de défilés sont prévus ce samedi en France dans le cadre d'un appel international soutenu par des dizaines d'ONG et de syndicats. Il a ainsi constaté les dégâts autour de l'Arc de Triomphe, déjeuné avec des policiers anti-émeutes dans une caserne parisienne avant d'effectuer mardi une visite surprise à la préfecture incendiée du Puy-en-Velay (centre). En France, en dehors de la capitale, 360 rassemblements et 157 blocages étaient comptabilisés samedi matin.

Les forces de l'ordre sont rapidement intervenues.

Dans certaines zones, les autorités interdisent de manifester, comme dans le nord de la France.

Les hôpitaux parisiens ont mis en place "un dispositif de vigilance renforcé", avec "des renforts médicaux et non-médicaux".

C'est donc un désaveu du président de la République vis-à-vis du Premier ministre Edouard Philippe, et un assouplissement de la position de l'exécutif vis-à-vis des gilets jaunes qui ne semblaient guère convaincus par les annonces du chef du gouvernement qui n'ont pas réellement apporté l'apaisement.

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s'est dit "choqué" par les images des 146 jeunes interpellés, mains entravées ou sur la tête, à genoux ou assis au sol, devant un lycée de Mantes-la-Jolie (Yvelines).

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