Published: Jeu, Décembre 06, 2018
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Première reculade du gouvernement devant les "gilets jaunes" — France

Première reculade du gouvernement devant les

Le Premier ministre s'engage à ce qu'il n'y ait pas de hausse du tarif de l'électricité et du gaz "durant la concertation et donc durant l'hiver qui s'annonce", soit jusqu'en mai 2019.

Après sa rencontre avec les leaders d'autres partis politiques tout au long de la journée de lundi, le Premier Ministre a répondu aux attentes de ceux-ci, qui demandaient en priorité ce moratoire. Après des blocages et des violences sur l'ensemble du territoire, il semblerait que le gouvernement ait décidé d'entendre la colère des Français, en annonçant un moratoire sur diverses mesures prévues pour l'année prochaine.

Ainsi, mardi, le président de la République a pris la décision, avec son Premier ministre et son gouvernement, de reporter la hausse du prix des carburants.

"Les problèmes de fond - niveau de vie, impôts, aspiration à une démocratie plus directe, défi énergie-climat - seront débattus et traités". Les gilets jaunes sont soutenus dans leur démarche par le syndicat SUD-Rail et la CGT du groupe Lafarge-Holcim ciment.

Ce débat doit avoir lieu en rappelant des règles claires: les Français ne veulent pas de hausses d'impôts ou de taxes.

"Maintenant, les Français ne veulent pas des miettes, ils veulent la baguette au complet". Son objectif, calmer les gilets jaunes et diviser le mouvement avant d'atteindre un point de non-retour.

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Des exigences éminemment politiques et qui indiquent qu'une partie des contestataires appartiendraient au Rassemblement national de Marine Le Pen.

Pour tenter d'apaiser la colère des "Gilets jaunes", le Premier ministre Édouard Philippe a tranché ce mardi 4 décembre en faveur d'un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants, prévue le 1er janvier.

Partout en France, les appels à se mobiliser une nouvelle fois samedi se multiplient et le ministère de l'Intérieur fait état d'une " mobilisation de la part de l'ultradroite et de l'ultragauche ". A commencer par le report du match du PSG qui devait recevoir le club de Montpellier.

Edouard Philippe a réitéré mercredi l'appel à ne pas manifester à Paris samedi, et prévenu que le gouvernement serait "intraitable" face aux "factieux" et aux "casseurs". Ils demandent l'abandon définitif de ces taxes, au risque de continuer leur mouvement. Le Premier ministre a annoncé mardi la suspension de plusieurs mesures fiscales pour "ramener l'apaisement", mais sans convaincre, ni l'opposition, ni les protestataires.

Enfin, selon Bercy, les deux premières semaines d'actions des "gilets jaunes" ont déjà un impact "sévère et continu" sur l'économie. Selon certains observateurs, les annonces du gouvernement sont arrivées un peu tard. Et depuis lundi soir, 62 personnes majeures soupçonnées de violences dans la capitale samedi ont été déférées au parquet de Paris, s'ajoutant aux 163 déjà déférées auparavant, selon un nouveau bilan du ministère public.

Il a aussi jugé "nécessaire" un débat sur la réforme de l'Impôt sur la fortune (ISF) - sur la suppression duquel Emmanuel Macron exclut de revenir. Jean-Luc Mélenchon (LFI) passe son tour mais une délégation de La France insoumise se rendra à Matignon.

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