Published: Dim, Novembre 04, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Pakistan : le mari d’Asia Bibi demande l’asile pour sa famille

Pakistan : le mari d’Asia Bibi demande l’asile pour sa famille

"Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo vu par l'AFP.

Le sort de la Pakistanaise Asia Bibi demeure très incertain, dans son pays, après son acquittement lundi par la Cour suprême alors qu'elle était condamnée à mort pour blasphème. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Au-delà de l'intérêt légitime porté à ces communautés, et au sort d'Asia Bibi en particulier, on observera qu'à six mois des élections législatives, ces élus de la N-VA poursuivent une quête identitaire digne d'un repli ultramontain, en témoignent la nouvelle campagne du même Theo Francken sur les réseaux sociaux contre la laïcisation des marchés et crèches de Noël ainsi que ses incantations régulières contre la charia, pourtant inexistante en Belgique. Son mari Ashiq Masih, s'adressant à plusieurs dirigeants occidentaux, réclame l'asile pour sa famille.

"La famille demande l'asile aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada", confirme Wilson Chowdhry, président de l'association des chrétiens pakistanais britanniques.

Des activistes du parti islamiste Jamiat-e-Ittihad ul Ulema ont défilé à Karachi pour protester contre l'acquittement d'Asia Bibi./AFP. Ceux-ci sont parvenus à faire plier les autorités, après trois jours de manifestations géantes qui ont paralysé le pays. Il s'y est notamment engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement initiée par un religieux.

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Asia Bibi, elle, est toujours en prison et reste piégée au Pakistan jusqu'à nouvel ordre.

M. Khan avait vivement critiqué mercredi les extrémistes, les prévenant que l'Etat ne "tolèrerait pas le sabotage" et "prendrait ses responsabilités" si nécessaire. "Leur espoir initial s'est transformé en angoisse", explique Wilson Chowdhry.

Son avocat a lui quitté le pays ce samedi, déclarant craindre pour sa vie après des menaces d'islamistes radicaux. En 2011, un ministre chrétien, Shahbaz Bhatti, qui s'opposait à la loi sur le blasphème, avait été assassiné à Islamabad.

L'un des chefs de file des manifestants avait appelé mercredi au meurtre des juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l'armée, poussant cette dernière à entrer dans le jeu vendredi.

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