Published: Mar, Octobre 23, 2018
International | By Marie-Louise Baume

L'heure des explications entre Moscou et Washington — Nucléaire

L'heure des explications entre Moscou et Washington — Nucléaire

L'accord avec la Russie a empêché les États-Unis de développer toute une série d'armes nucléaires qui auraient pu être déployées dans des zones de tensions du Pacifique.

Lundi, Emmanuel Macron a eu un entretien téléphonique avec Donald Trump pour notamment lui rappeler "l'importance" du traité sur les armes nucléaire "en particulier pour la sécurité européenne et notre stabilité stratégique". "Cela serait un pas très dangereux qui, j'en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même attirer de sérieuses condamnations", a déclaré le 20 octobre Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères.

M. Riabkov a rejeté dimanche ces accusations. À ce moment-là, souligne Malcolm Chambers, "nous pourrions nous trouver dans un monde où il n'existera plus aucune limite au développement des arsenaux nucléaires des États pour la première fois depuis 1972".

Berlin a aussitôt critiqué l'annonce américaine et exhorté les États-Unis à réfléchir aux conséquences de cette décision sur l'Europe et le reste du monde.

Les relations États-Unis/Russie se tendent encore un peu plus. Donald Trump a fait cette annonce alors même que son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, s'apprêtait à se rendre à Moscou samedi pour "poursuivre" le dialogue controversé entamé en juillet entre le président des Etats-Unis et son homologue russe, Vladimir Poutine.

Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l'URSS, avertit sur le "manque de sagesse" du président américain Donald Trump, déterminé à abandonner un traité sur les armes nucléaires que Gorbatchev avait signé avec Reagan.

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Le conseiller américain verra également le chef du Conseil de sécurité Nikolaï Patrouchev et le conseiller présidentiel Iouri Ouchakov. "Il a permis le retrait et la destruction de près de 3.000 missiles dotés de têtes nucléaires et constitue une importante contribution aux obligations de désarmement", a ainsi rappelé la porte-parole de Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie de l'UE.

Selon le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, la Russie a mis au point un missile, le Novator 9M729, comparable aux missiles russes mer-sol à courte portée mais capable de frapper une cible distante de 500 à 5.500 km, ce qu'interdit le traité INF.

Pour l'administration américaine, l'un des missiles détenus par Moscou aurait une portée de plus 500 kilomètres.

La Maison-Blanche "se rapprochait de cette étape depuis plusieurs années en détruisant délibérément et pas à pas la base de cet accord", a poursuivi cette source, citée par les trois principales agences de presse russes.

"La Russie n'a malheureusement pas respecté l'accord, donc nous allons y mettre fin et nous en retirer", a déclaré Donald Trump aux journalistes après un meeting de campagne républicain dans le Nevada. "Comme la Chine n'est pas signataire de ce traité, elle n'a eu aucune limite pour développer des missiles nucléaires de portée moyenne, qui peuvent atteindre des milliers de kilomètres", explique le quotidien américain.

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