Published: Mer, Octobre 10, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Le GIEC appelle à un "Big Bang" pour éviter la catastrophe climatique

Le GIEC appelle à un

"Le monde devra engager des transformations " rapides " et " sans précédent ", s'il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, mettant en garde contre des risques accrus au-delà de ce seuil.

Dans leur rapport, dont le résumé a été approuvé par consensus par les États, mais qui ne sera publié que lundi, les scientifiques décrivent, en se basant sur 6000 études, les impacts d'un réchauffement de 1,5 °C, un niveau que la Terre pourrait atteindre dès 2030 (2030-2052) faute de réduction massive des émissions de gaz à effet de serre.

Selon la cible établie par l'Accord de Paris en 2015, les pays devraient réduire suffisamment leurs émissions d'ici la fin du siècle pour permettre un réchauffement maximal de 2 degrés Celsius comparativement à l'ère préindustrielle.

"Les années à venir seront les plus déterminantes de notre histoire", explique à l'AFP la Sud-Africaine Debra Roberts, autre co-présidente.

Pour la climatologue Valérie Masson-Delmotte, également à Incheon, c'est "un constat lucide et difficile: la politique des petits pas ça ne suffit pas".

La France a pris ses responsabilités en se fixant l'objectif ambitieux d'atteindre la neutralité carbone à horizon 2050.

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Les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par l'homme ont déjà fait grimper la température mondiale de 1°C depuis la Révolution industrielle.

Villes, industries, énergie, bâtiment. tous les secteurs sont appelés à de "profondes réductions d'émissions", à "une transition" "sans précédent". La vraie question de la faisabilité c'est celle-là: "les gens sont-ils prêts à agir, et y aura-t-il assez de volonté politique collective?" Au-dessus d'un réchauffement de 1,5°C, la planète tout entière changera de visage, et c'est pour 2030 si d'ici là les émissions de CO2 n'ont pas chuté de 45 %. Ce qui est une petite différence sur le papier représente en réalité un risque pour 10 millions de personnes supplémentaires.

Dans ce rapport de 400 pages dévoilé lundi, les chercheurs remettent notamment en cause les objectifs de l'accord de Paris, trop peu ambitieux par rapport à l'ampleur des conséquences à prévoir.

"Y arriverons-nous à temps? Il se concentre plutôt sur l'implantation de son plan actuel, qui comprend un prix national pour le carbone, l'élimination des centrales électriques au charbon, l'amélioration de l'efficacité énergétique des résidences et des entreprises, et l'investissement dans des sources d'énergie propres et renouvelables". S'ajoutant à cette diminution, le monde devra attendre la " neutralité carbone " en 2050.

Avec des avantages évidents pour les populations et les écosystèmes naturels, limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré contre les 2 degrés annoncés pourrait aller de pair avec une société plus durable et équitable, indique le GIEC dans son rapport.

Selon le rapport, quelque 2.400 milliards de dollars d'investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5% du PIB mondial.

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