Published: Ven, Septembre 21, 2018
International | By Marie-Louise Baume

La Russie et la Turquie s'entendent pour établir une zone démilitarisée

La Russie et la Turquie s'entendent pour établir une zone démilitarisée

Le président russe Vladimir Poutine a arraché un accord avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour créer une "zone démilitarisée" à Idleb sous contrôle russo-turc, permettant d'éviter une offensive à Idleb, dernier bastion rebelle en Syrie qui est dans le viseur du régime.

La zone démilitarisée sera large de 15 à 20 kilomètres, le long de la ligne de contact.

Des patrouilles russes et turques seront également mises en place aux abords de cette zone.

A Sotchi où ils se sont rencontrés hier, les présidents russe et turc ont eu un entretien au cœur duquel a été la question de la province d'Idleb, dernier bastion en territoire syrien aux mains de l'opposition armée anti-régime dont Ankara soutient certains des groupes et s'oppose de ce fait à l'offensive que l'armée syrienne s'apprêterait à lancer contre elle conjointement avec ses alliés russes et iraniens. "Je suis convaincu qu'avec cet accord, nous avons évité qu'une grande crise humanitaire ne se produise à Idleb", a réagi Recep Tayyip Erdogan.

Les divergences entre la Turquie et la Russie sur le sort de la province d'Idleb ont éclaté au grand jour lors du sommet de Téhéran, organisé le 7 septembre dans la capitale iranienne et à l'issue duquel les deux pays n'avaient pu s'accorder. "Je suis ravi de vous voir non seulement pour échanger nos avis, mais aussi pour chercher des solutions là où elles n'ont pas encore été trouvées", avait-il souligné.

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Pour sa part, M. Erdogan a estimé que cette rencontre se solderait par une déclaration incarnant "un nouvel espoir" pour la région, sans plus de précisions.

Ankara et Washington rejettent en effet l'idée d'une offensive contre Idlib, affirmant qu'elle pourrait provoquer de lourdes pertes civiles, voire un désastre humanitaire.

La Turquie soutient les rebelles syriens, mais la province d'Idleb est contrôlée à 60% par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, composé notamment de l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie et considéré comme un groupe "terroriste" par Ankara.

Début septembre, le régime de Damas et l'aviation russe avaient multiplié les bombardements sur Idleb pendant plusieurs jours, mais les frappes ont diminué d'intensité la semaine dernière.

Selon le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, cet accord permettra d'éviter un assaut sur la ville syrienne.

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