Published: Dim, Septembre 16, 2018
International | By Marie-Louise Baume

L'exécutif s'en prend vivement à la commission d'enquête du Sénat — Affaire Benalla

L'exécutif s'en prend vivement à la commission d'enquête du Sénat — Affaire Benalla

On imagine mal, en effet, un Alexandre Benalla, simple commis de cuisine, tenir de tels propos à l'égard d'une haute institution de la République et d'un éminent sénateur sans être certain de bénéficier de l'appui et du soutien d'un Macron, sans doute par ailleurs ulcéré que son protégé puisse être mis en cause.

L'ex-chargé de mission de l'Elysée s'est attiré une volée de critiques mardi en refusant de se rendre à la commission d'enquête sénatoriale le 19 septembre, malgré sa convocation à 8h30.

Les trois sénateurs LREM concernés par ce boycott sont Alain de Belenet (Seine-et-Marne), vice-président de la commission, l'ancien ministre socialiste Alain Richard (Val-d'Oise) et le vice-président du Sénat Thani Mohamed Soilihi (Mayotte). "Le bras de fer de Macron, Castaner et Benalla avec le Sénat est du jamais vu". "Il n'appartient pas aux personnes convoquées pour être auditionnées de décider de se présenter ou non à cette convocation", précise-t-il, avant d'ajouter que "Le Sénat poursuivra imperturbablement ses auditions". Il ne faut pas qu'il y ait "empiétement sur le domaine judiciaire", a-t-elle martelé. Dans une tribune publiée dans Le Monde, Nicole Belloubet dit placer sa démarche "au-delà des postures, du sensationnalisme et des jeux politiques" en interpellant la commission des lois du Sénat sur la "séparation des pouvoirs" dans l'affaire Benalla. "Une immixtion du pouvoir exécutif dans une procédure judiciaire serait choquante", écrit-elle. "Il a même le droit de mentir", affirme-t-il.

Cette affaire éclabousse le chef de l'Etat qui a réfuté toute volonté de couvrir son ancien proche collaborateur, mis en examen pour des violences contre un manifestant le 1er mai à Paris. "La Constitution l'interdit formellement". Le garde des Sceaux, Nicole Belloubet, n'a pas dit autre chose le lendemain en jugeant que les sénateurs commençaient à empiéter sur le terrain de la justice.et de dénoncer une "instrumentalisation politique" de l'affaire au micro de France Inter. Quand on appartient à la majorité sous la V République, quoi de plus banal que d'avoir le Président comme seule boussole... "Si certains pensent qu'ils peuvent s'arroger un pouvoir de destitution du président de la République, ils sont eux-mêmes des menaces pour la République", a déclaré Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, lors d'une conférence de presse à Paris.

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Passé mardi soir, un appel d'Emmanuel Macron au Président du Sénat Gérard Larcher au sujet du traitement de l'affaire Bennalla a provoqué la colère de sénateurs, rapportent ce jeudi les médias.

Interrogé dimanche matin sur Europe 1, le patron des sénateurs Républicains Bruno Retailleau a ironisé sur "l'hystérie du pouvoir en place".

"M. Philippe Bas, je mesure très bien mes propos, ce petit marquis, m'impose aujourd'hui de venir devant lui, sinon il m'envoie la police ou la gendarmerie".

Revenant sur cet épisode, Emmanuel Macron a selon L'Obs " enjoint Larcher de garantir les équilibres institutionnels, estimant en substance que la commission sénatoriale, emmenée par Philippe Bas, s'en éloignait ".

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