Published: Sam, Septembre 08, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Brésil: le candidat d'extrême droite poignardé en pleine rue

Brésil: le candidat d'extrême droite poignardé en pleine rue

Dans un premier temps, son fils Flavio avait annoncé sur Twitter que son père avait été frappé "à l'abdomen" mais que la blessure était "superficielle" et qu'il allait "bien".

Plus prudent, un porte-parole de la police militaire du Minas Gerais a pour sa part indiqué que la police tentait encore de déterminer si l'homme poursuivait des motivations politiques ou souffrait de problèmes psychologiques, rapporte France 24.

Son agresseur, un Brésilien âgé de 40 ans qui portait un couteau enveloppé dans un tissu, dit avoir agi pour "raisons personnelles" et sur "ordre de dieu".

Il était en pleine campagne, vêtu d'un tee-shirt jaune et saluant la foule dans une rue bondée de la ville de Juiz de Fora, une localité de 70.000 habitants dans l'État du Minais Gerais (sud-est), à trois heures de route de Rio de Janeiro, quand il a été agressé.

Âgé de 63 ans, cet ancien militaire nostalgique de la dictature, connu pour son discours notoirement raciste, homophobe et sexiste, est en tête dans les sondages, avec 22% des intentions de vote au premier tour, comme le souligne Le Monde. Il serait toutefois battu facilement par la quasi totalité de ses adversaires au deuxième tour, selon l'enquête d'opinion publiée jeudi.

La plupart des candidats les plus en vue pour le scrutin ont rapidement condamné l'attaque contre le député d'extrême droite.

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L'ancien capitaine de l'armée est certainement le candidat suscitant le plus de rejet. "Il est intolérable de voir que dans un Etat démocratique il n'est pas possible d'avoir une campagne normale", a lancé le chef de l'Etat.

"L'un des organisateurs de l'agenda de la campagne présidentielle s'est mis à pleurer au téléphone" raconte Marco Grillo, journaliste du quotidien brésilien O Globo, qui a lui-même assisté à la scène, alors qu'il couvrait jeudi le meeting électoral.

Jair Bolsonaro a été attaqué à l'arme blanche et évacué par ses partisans.

Le candidat du PSDB (centre droit) Geraldo Alckmin a réagi sur Twitter en estimant que "la politique se fait par le dialogue, et jamais avec la haine". L'écologiste Marina Silva, en 2e position dans les sondages derrière Jair Bolsonaro pour le premier tour, a jugé cette attaque "inadmissible" et a évoqué "un double attentat, contre son intégrité physique et contre la démocratie".

Un autre candidat, Ciro Gomes (centre gauche), a rejeté dans un tweet également "la violence comme langage politique". "Cette attaque va renforcer l'idée qu'il est un leader spécial qui peut changer le pays et qui se bat contre une gauche autoritaire".

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