Published: Dim, Septembre 02, 2018
International | By Marie-Louise Baume

L’extrême droite veut en découdre avec les immigrés après un meurtre — Allemagne

L’extrême droite veut en découdre avec les immigrés après un meurtre — Allemagne

'Ce que nous avons vu n'a pas sa place dans un Etat de droit', a déclaré la chancelière allemande lors d'une conférence de presse à Berlin avec son homologue croate.

"Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n'a rien à voir avec un Etat de droit", a réagi hier Angela Merkel. L'élément déclencheur est survenu au cours du week-end, lorsqu'un Allemand de 35 ans a été tué à coups de couteau en marge d'une fête locale. Il a précisé avoir photographié le mandat d'arrêt dans la prison où venait d'être envoyé le principal suspect irakien et l'avoir transmis notamment au groupuscule d'extrême droite "Pro Chemnitz", qui l'a ensuite diffusé sur les réseaux sociaux.

Dimanche, quelque 800 sympathisants d'extrême droite avaient effectué une "chasse aux étrangers" dans la ville.

Les "chasses" contre les étrangers organisées par des sympathisants d'extrême droite dimanche dans les rues de Chemnitz, dans l'ex-RDA, puis les violences qui ont marqué lundi soir un nouveau rassemblement d'environ 6.000 d'entre eux - dont plusieurs ont défilé en faisant le salut hitlérien - constituent un choc pour le pays.

Plusieurs actions de protestation ont rassemblé samedi près 8.000 personnes à Chemnitz, en Allemagne, dans un climat de tension élevé. - Homicide en réunion - Les deux suspects du meurtre, âgés de 22 et 23 ans, sont soupçonnés d'avoir "sans justification, à plusieurs reprises, porté des coups de couteau" à la victime à la suite d'une "altercation verbale", selon le Parquet.

Lundi soir, vingt personnes, dont deux policiers, ont été blessées lors d'échauffourées entres manifestants d'extrême droite et contre-manifestants d'extrême gauche, selon un dernier bilan de la police locale.

Depuis la rixe, les franges les plus radicales de la ville, et de toute la région de Saxe, mobilisent l'opinion contre l'immigration et la politique du gouvernement d'Angela Merkel, à qui il est reproché d'avoir laissé entrer plus d'un million de demandeurs d'asile venant notamment de Syrie et d'Irak, en 2015 et 2016.

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"A Chemnitz, une alliance assez incroyable mêlant des hooligans, des néonazis, l'AfD et les militants de Pegida s'est constituée". Le mouvement assure, mais sans fournir la moindre preuve jusqu'ici, que la victime a été mortellement poignardée "en voulant protéger sa femme".

Le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer dit comprendre pourquoi les gens " sont en colère face à ce meurtre violent ".

Ce dirigeant conservateur bavarois a jugé 'compréhensible' la colère publique après la mort, mais a souligné que les actes de violence ou les appels à la vengeance étaient inadmissibles.

Le parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale d'Angela Merkel, s'est inquiété du raidissement idéologique au plan national, mais aussi international.

Pour le chef de la diplomatie Heiko Maas, l'extrémisme de droite représente 'une menace pour la cohésion de nos sociétés'. "Quiconque pense que la démocratie n'est pas en danger devrait regarder des vidéos de Chemnitz." .

Dans cette cité de Saxe, région où l'extrême droite et les néo-nazis sont fortement implantés, les protestataires se sont retrouvés devant un immense buste de Karl-Marx - Chemniz fut rebaptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste - après de violents incidents dimanche.

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