Published: Mar, Août 14, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Le rassemblement de suprémacistes blancs à Washington fait un flop — Etats-Unis

Le rassemblement de suprémacistes blancs à Washington fait un flop — Etats-Unis

Des centaines de contre-manifestants, dont des antifas, avaient commencé à se rassembler dès le début d'après-midi, brandissant notamment des pancartes disant "Non aux nazis, non au Ku Klux Klan, non à une Amérique fasciste".

Un important dispositif policier sera mis en place, principalement pour empêcher les deux groupes d'entrer en contact.

Un autre contre-manifestant, un Américain noir qui a seulement donné son prénom -Jim- a dit avoir le sentiment que les Etats-Unis étaient plus racistes sous Donald Trump. "Mais nous pensons vraiment que ce serait une énorme erreur de laisser des fascistes battre le pavé dans la capitale du pays, sans opposition", a dit à l'AFP Kei Pritsker, 22 ans, une volontaire de Answer Coalition, un groupe antiraciste.

"Dans un livre à paraître, l'ancienne conseillère à la Maison Blanche Omarosa Manigault Newman assure que l'ancien promoteur immobilier a utilisé à plusieurs reprises le mot " nigger " (nègre) durant l'enregistrement de son ancienne émission " The Apprentice ". "Quand ils marchent sur le trottoir, leur position c'est +tu as intérêt à bouger de mon chemin+ ", a-t-il dit à l'AFP".

De leur côté, plusieurs sympathisants de "Unite The Right" ont été aperçus à la périphérie de Washington, drapeau américain à la main, en train de se rendre sur les lieux du rassemblement. Ils ont questionné sa légitimité sur le réseau social Gab, réputé terrain d'expression de l'"alt-right", la droite dure américaine.

Des manifestants contre des sympathisants néonazis, le 12 août 2018 à Washington.

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"Le rassemblement de Charlottesville, il y a un an, a entraîné la mort et des divisions insensées", a écrit le président des Etats-Unis, qui avait été vivement critiqué l'an dernier pour n'avoir jamais clairement condamné les manifestants néo-nazis après les événements d'août 2017.

La petite cité de Virginie, située à moins de 200 km au sud de Washington, ne voulait pas revivre les évènements du 12 août 2017. Il a également tergiversé l'année dernière lorsqu'on lui a demandé de condamner le rassemblement de Charlottesville, dans lequel des gangs néo-nazis se sont battus avec des contre-manifestants et où une voiture-bélier a tué une femme, Heather Heyer, et blessé 19 personnes.

Dans un entretien avec la radio publique NPR diffusé vendredi, il a exprimé le souhait que l'événement de dimanche soit "apaisé" et pris publiquement ses distances avec la mouvance néonazie. Tandis que Jason Kessler assurait ne pas vouloir de "néonazis à [son] rassemblement", il était quand même présent pour défendre les droits de la population blanche, qu'il estime "sous-représentée".

Comme le note le journaliste du Washington Post James Downie, le gros de la couverture médiatique de cette manifestation se focalise "sur la faible affluence dans les rangs des nationalistes blancs" - et, ajoute-t-il, "c'était en effet pathétique". L'activiste a également repris à son compte la théorie générale de l'auteur américain Charles Murray, pour qui les capacités intellectuelles sont fonction de l'origine ethnique. Un acte de violence, qui avait marqué les esprits.

A Charlottesville, même si aucun rassemblement de quelque nature que ce soit n'est autorisé ce week-end, les autorités ont pris d'importantes mesures de sécurité, après avoir été débordées pendant les heurts du 12 août 2017.

De nombreux observateurs reprochent à Donald Trump d'avoir favorisé, pendant sa campagne et depuis sa victoire électorale, l'émergence d'un discours suprémaciste blanc décomplexé.

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