Published: Ven, Août 10, 2018
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Canada - Justin Trudeau : Nous ne nous excuserons pas auprès de l’Arabie Saoudite

Canada - Justin Trudeau : Nous ne nous excuserons pas auprès de l’Arabie Saoudite

En 2017, les exportations canadiennes de marchandises à destination de ce pays du Moyen-Orient se sont élevées à 1,5 milliard de dollars canadiens, selon Statistique Canada. Les canadiens, allaient jusqu'à demander la "libération immédiate" de ces militants.

Pour l'instant, rien n'indique que ce contrat soit menacé par les tensions entre Riyad et Ottawa. Le "Financial Times" écrivait par ailleurs mercredi que l'Arabie saoudite avait demandé aux gestionnaires d'actifs de liquider leur portefeuille canadien.

"Nous nous joignons au Canada pour presser l'Arabie saoudite de libérer les militantes pour les droits des femmes Samar Badawi et Nassima al-Sada et félicitons la ministre Freeland pour sa position sans compromis en faveur des droits de la personne et pour son leadership audacieux", ont-ils affirmé. La Commission européenne a refusé mardi de prendre position, tant sur l'intensité de l'attaque diplomatique saoudienne contre son allié canadien que sur le fond du dossier. Parmi les militants arrêtés figure Samar Badawi, sœur du blogueur dissident Raif Badawi, lui-même emprisonné depuis 2012. Son épouse et ses trois enfants se sont réfugiés à Sherbrooke et militent pour sa libération.

Le chef de la diplomatie saoudienne a affirmé que son pays envisageait "des mesures supplémentaires" contre le Canada, sans fournir plus de détails. Les investissements canadiens en Arabie saoudite se poursuivent et ne seront pas affectés par le contentieux, a dit le ministre.

La vague d'arrestations qui traverse l'Arabie saoudite depuis le mois de mai, et l'intransigeance diplomatique de Riyad tempèrent lourdement le caractère réformiste prêté au régime du nouvel homme fort du royaume, le prince Mohammed ben Salmane. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères rappelle, en effet, que "des relations fraternelles profondes lient l'Algérie et le royaume d'Arabie Saoudite", en guise de conclusion à un appel aux deux pays à "se conformer dans leurs relations étrangères aux principes du droit international et à la Charte des Nations unies, notamment en ce qui concerne le respect de la souveraineté des Etats et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures".

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À Ottawa, le gouvernement canadien s'est dit lundi "sérieusement inquiet" de l'expulsion de son ambassadeur en Arabie saoudite. "Le Canada défendra toujours la protection des droits humains, et donc forcément les droits des femmes, et la liberté d'expression dans le monde", a-t-elle ajouté. Quelques heures plus tard, le royaume annonaçait l'expulsion sous 24h de l'ambassadeur canadien, le rappel de son propre représentant au Canada ainsi que le gel des relations commerciales entre les deux pays. Face à la fermeté canadienne, Ryad a une nouvelle fois haussé le ton et annoncé de nouvelles mesures: suspension des bourses universitaires pour ses ressortissants au Canada et transfert des étudiants vers d'autres pays.

"La communauté diplomatique tout entière a été surprise par cette annonce", a déclaré à Reuters une source à Riyad.

Environ 10% des importations de pétrole du Canada proviennent de l'Arabie saoudite. Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont montés l'an dernier à 3,7 milliards de dollars.

Toutefois, le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al-Falih, a déclaré que la controverse n'affecterait pas les clients du géant pétrolier saoudien Aramco au Canada.

La ministre Chrystia Freeland a également discuté de la situation opposant le Canada et l'Arabie saoudite avec ses homologues en Suède et en Allemagne, mais n'a pas encore parlé à des responsables aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

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