Published: Ven, Août 03, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Philippe accuse l'opposition "d'alimenter les populismes et les théories du complot" — Benalla

Philippe accuse l'opposition

Ceux du groupe de Christian Jacob, les 17 Insoumis et 14 communistes, mais aussi 11 non inscrits, dont Marine Le Pen, ont voté cette motion.

De son côté, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon a assumé qu'il n'était pas tant question d'Alexandre Benalla que d'Emmanuel Macron.

Dès 15 h, Édouard Philippe sera en première ligne.

L'"affaire" aux ramifications administratives, judiciaires et politiques a fragilisé le chef de l'Etat, coupable selon l'opposition d'une gestion erratique et opaque, déstabilisé une majorité jusqu'ici omnipotente et ragaillardi une opposition atone qui est parvenue à provoquer le report d'un des chantiers phares d'Emmanuel Macron - la réforme de la Constitution. Son entourage indique qu'il "répondra factuellement et calmement". Et sans surprise, leur défense a essentiellement consisté à minimiser l'impact de l'affaire Benalla, toujours qualifiée de faute individuelle, de tempête dans un verre d'eau, qu'ils accusent les formations politiques à l'origine des motions de censure d'instrumentaliser et de monter en épingle. Les deux votes n'ont pas permis d'obtenir la majorité des voix susceptible de renverser le gouvernement.

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Mais d'un côté comme de l'autre de l'échiquier politique, ce front qui semble s'être constitué par-delà les habituels clivages est avant tout un terreau propice à ce que chaque groupe tente de s'ériger comme le meilleur défenseur de l'ordre républicain, en s'opposant frontalement au macronisme. Cette double mise en cause - une première depuis 1980 - de la responsabilité du gouvernement constitue " une alerte " pour le président français, selon les termes du patron du Parti socialiste, Olivier Faure. Les socialistes n'y joindront pas leurs voix, pour ne pas "donner le sentiment que nous pourrions (.) faire ensemble front commun contre le gouvernement, pour le remplacer ensemble". Le groupe macroniste détenant la majorité absolue des sièges et régnant sans partage sur l'Assemblée, toutes les oppositions, même fédérées le temps d'une motion de censure, ne pouvait espérer censurer le gouvernement. Mais l'opposition envoie un signal fort aux Français et à l'exécutif.

Montant à la tribune tel un boxeur ovationné, avant même de prendre la parole, par les députés LREM, le Premier ministre Edouard Philippe s'est montré particulièrement offensif envers l'opposition le 31 juillet à l'Assemblée nationale, où étaient débattues les deux motions de censure déposées par la gauche et la droite dans le cadre de l'affaire Benalla.

Ce même mardi, Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et délégué général du parti présidentiel LREM, sera auditionné par la commission des lois du Sénat sur l'affaire Benalla.

Enfin, la commission sénatoriale, qui s'est donné six mois, poursuit ses travaux et n'exclut plus d'auditionner M. Benalla.

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