Published: Ven, Juillet 27, 2018
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Facebook : 114 milliards de dollars de capitalisation partent en fumée

Facebook : 114 milliards de dollars de capitalisation partent en fumée

Une chute amputant de presque 137 milliards de dollars - soit le poids de L'Oréal - sa capitalisation boursière!

Alors qu'est-ce qui cloche à ce point? Mauvaises pour son image, ces controverses ont pu refroidir public et annonceurs. Mais aussi, dans une moindre mesure, au Règlement européen des données personnelles (RGPD) entré en vigueur dans l'Union européenne fin mai pour mieux encadrer l'utilisation des données personnelles.

Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. En outre, "la hausse des dépenses sera supérieure à celle du chiffre d'affaires" en 2019, a asséné le directeur financier du réseau social, Dave Wehner. Le pire, c'est que cette situation n'avait jamais été vue à Wall Street et le comble, c'est que le précédent record était déjà détenu par Facebook qui avait perdu 58 milliards de dollars après la révélation du scandale de Cambridge Analytica.

Concernant le chiffre d'affaires, celui-ci est de 13,2 milliards de dollars alors que les marchés attendaient de ce dernier qu'il atteigne les 13,4 milliards de dollars. Avec 2,23 milliards d'utilisateurs mensuels (et 1,47 milliard quotidiens), il s'agit, certes d'une hausse de 11 % sur un an. De plus les investisseurs ont complètement négligé le bénéfice net, qui a pourtant bondi de 31% à 5,1 milliards de dollars.

Outre ces premiers résultats, c'est également le nombre d'utilisateurs qui apparaît en deçà des attentes du marché.

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Mais plus que tout, le groupe a déçu avec ses 2,23 milliards d'usagers actifs mensuels, à peine plus que fin mars. "C'est une année cruciale", a commenté son patron Mark Zuckerberg avant d'expliquer que le réseau social investit tellement dans ses systèmes de sécurité "que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre".

Richard Greenfield, analyste chez BTIG, a confiance en Facebook malgré ces prévisions pessimistes: "Le téléphone portable conquiert le monde et Facebook est au centre pour tirer profit de ce changement". "On dirait que son ampleur est inédite". "Ils ont atteint leur pic", a-t-il tweeté.

L'effet douche froide a été d'autant plus violent que les analystes guettaient les premières conséquences financières des scandales, notamment autour de la prolifération des "fake news" pendant la campagne présidentielle américaine en 2016, invisibles jusque-là. "Il est devenu de plus en plus difficile de se développer à des taux si élevés quand un groupe atteint cette taille", écrit-il sur son blog.

Pour les analystes de MoffettNathanson, les annonces de Facebook correspondent "soit à une nouvelle réalité économique de leur modèle soit à un acte très spectaculaire d'auto-immolation destiné à prévenir toute nouvelle pression réglementaire".

De façon plus générale, Facebook pâtit aussi d'une désaffection croissante de la part des plus jeunes, qui se tournent notamment vers sa plateforme de partages de photos Instagram, qui vient de passer le milliard d'utilisateurs et dont la croissance a aidé le chiffre d'affaires de sa maison-mère, limitant donc la casse pour l'ensemble du groupe.

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