Published: Lun, Juillet 23, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Benalla en garde à vue, et finalement licencié


Malgré l'annonce par l'Elysée du licenciement d'Alexandre Benalla, placé en garde à vue vendredi, la polémique se poursuit et la presse samedi fustige "le Rambo" et "le mutique" de l'Elysée et réclame des explications du chef de l'Etat. Les vidéos montrant M. Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, coiffé d'un casque à visière, en train de frapper un jeune homme et une jeune femme le 1er-Mai, ont généré un flot de critiques et de questions.

L'entourage du chef de l'État affirmait par ailleurs que, jusqu'au 1er mai, l'adjoint au chef de cabinet de l'Élysée faisait "l'interface entre les différents services chargés de la sécurité du président et le cabinet".

"Le président ne s'est toujours pas expliqué sur l'invraisemblable omniprésence à ses côtés de ce +gros bras+ de sa campagne", s'indigne Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées, qui comme nombre de ses confrères s'interroge sur Benalla: "Rambo ou barbouze?", se demande-t-il. "On apprend par la bouche du porte-parole de l'Elysée qu'il y a une justice pour le commun et puis une justice pour les collaborateurs du chef de l'État", s'est indigné le chef de file des socialistes. Pour cette affaire, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue vendredi pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique".

La garde à vue d'Alexandre Benalla a été prolongée ce samedi matin pour une durée pouvant atteindre 24 heures, a indiqué le parquet de Paris. Si certains parlementaires estiment que son rôle dans l'affaire n'est pas forcément déterminant, voyant plutôt la source du problème directement à l'Elysée, Gérard Collomb sera néanmoins le premier membre du gouvernement à être formellement auditionné en commission parlementaire dans cette affaire. C'est à ce moment-là que l'Élysée a pris la décision de suspendre Benalla de ses fonctions pour deux semaines. C'est le porte-parole de la présidence, Bruno Roger-Petit, qui a donné son nom jeudi matin lors d'une prise de parole devant les caméras de télévision.

Pour M. Mélenchon, "le ministre de l'Intérieur est déjà disqualifié" et "bien sûr qu'il va démissionner et il ne sera pas le seul".

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Policier de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DPOM), Philippe Mizerski était chargé ce jour-là d'encadrer Alexandre Benalla, le chargé de mission de l'Elysée.

Les trois policiers sont accusés d'avoir extrait des images de vidéosurveillance qui montrent le tabassage et de les avoir transmis à Benalla, en guise de protection, au lendemain de son identification sur la vidéo compromettante.

En cause, ces images du 1er mai dernier révélées ce mercredi 18 juillet par le quotidien Le Monde. En plus de l'enquête préliminaire, ouverte jeudi à l'initiative du parquet de Paris, une autre, administrative, a été lancée par la "police des polices" et une troisième par l'Assemblée nationale.

L'avocat du commissaire, Thibault de Montbrial, a réagi sur Twitter en affirmant que son client entendait notamment s'exprimer sur "la proximité [.] entre la plus haute hiérarchie policière et M. Benalla".

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