Published: Mer, Juillet 18, 2018
International | By Marie-Louise Baume

L'UE et le Japon signent un accord "historique" de libre-échange

L'UE et le Japon signent un accord

L'accord UE-Japon enverra un "signal fort au monde" en réaction au protectionnisme américain, avait récemment déclaré la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmstrom.

Un accord de libre échange "historique" a été signé mardi à Tokyo entre l'Union européenne et le Japon. L'accord sera soumis au Parlement européen en vue d'une entrée en vigueur en 2019.

Baptisé Jefta (Japan-UE free trade agreement), ce pacte, le plus important jamais négocié par l'UE, porte sur une zone de libre-échange couvrant près d'un tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial et plus de 600 millions d'habitants.

"Aujourd'hui marque un jour historique, alors que nous célébrons la signature d'un accord commercial extrêmement ambitieux entre deux des plus grandes économies du monde", ont déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans un communiqué publié à l'issue de la signature du texte. 85% des produits agroalimentaires de l'UE pourront entrer au Japon sans se voir imposer de droits de douane. L'AFP souligne que Tokyo s'engage à reconnaître plus de 200 indications géographiques comme le Roquefort, le Tiroler Speck autrichien, le Jambon d'Ardenne belge ou la Polska Wódka (vodka polonaise), qui bénéficieront "du même niveau de protection qu'en Europe". Une aubaine pour le secteur agroalimentaire européen.et l'automobile japonaise. Contrairement au Ceta ou à la plupart des ententes commerciales du monde, le Jefta ne laissera pas la possibilité à une entreprise qui s'estime lésée par la politique d'un Etat, après y avoir investi, de l'attaquer pour obtenir réparation. Ces différends sont généralement tranchés via un système d'arbitrage dont les Européens ne veulent plus entendre parler. Et c'est justement l'absence de ce volet qui évite à l'accord de passer par les Parlements nationaux, précisent des sources européennes.

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Ce sujet a constitué le principal point d'achoppement des discussions.

Pour Thierry Madiès, professeur d'économie à l'université de Fribourg (Suisse), "cet accord est relativement classique sur le plan institutionnel".

"Il est encore temps d'éviter le conflit et le chaos", a complété Donald Tusk, président du Conseil européen. "Nous faisons front commun contre le protectionnisme". Le lancement de ce cycle de signatures (initié ce mardi à Tokyo) n'est pas une conséquence directe aux menaces de Donald Trump, mais pour Thierry Madiès, "la position américaine se distingue en filigrane de cette signature". Ils viennent en effet de signer un accord de libre-échange présenté comme "historique". "C'est une manière d'essayer de desserrer la pression américaine".

En particulier "trois engagements clés ont été abandonnés" par Paris: "comme dans le CETA, les seuls chapitres qui ne sont pas contraignants sont ceux portant sur le développement durable"; l'Accord de Paris en particulier a été inscrit dans ces chapitres et non dans les clauses essentielles.

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