Published: Mar, Juin 26, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Les premiers résultats en Turquie placent Erdogan largement devant

Les premiers résultats en Turquie placent Erdogan largement devant

M. Ince, un député pugnace qui a porté les couleurs du CHP à la présidentielle, s'est imposé comme le principal rival de M. Erdogan pour la présidentielle.

Mais le parti de M. Ince, le CHP, a contesté les résultats publiés par Anadolu, affirmant que ses propres chiffres montraient que Recep Tayyip Erdogan avait obtenu moins des 50% des voix et qu'un second tour était nécessaire pour le départager de M. Ince.

Plus de 56 millions d'électeurs sont appelés à voter jusqu'à 14H00 GMT pour ce double scrutin présidentiel et législatif qui marquera le passage du système parlementaire en vigueur à un régime hyper-présidentiel voulu par M. Erdogan, mais décrié par ses opposants.

Après avoir remporté dimanche des élections législatives et présidentielle contre une opposition vigoureuse, M. Erdogan s'est offert dans les premières heures de lundi un symbolique discours de victoire depuis le balcon du siège de son parti, l'AKP, à Ankara.

Le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan est en tête de l'élection présidentielle de dimanche en Turquie avec un score de 55,5% après le dépouillement des deux tiers des bulletins, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Mais en 15 ans de règne, M. Erdogan a profondément divisé la Turquie, entre ses partisans qui voient en lui l'homme du miracle économique et ses détracteurs qui l'accusent de monopoliser tous les pouvoirs et de réprimer sans merci toute forme d'opposition.

La coalition montée par M. Erdogan pour le volet législatif des élections récolte quelque 53,6 % des voix, selon les résultats partiels d'Anadolu, grâce notamment au score inattendu de son partenaire minoritaire, le parti ultranationaliste MHP (11 %).

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"La Turquie, avec un taux de participation de près de 90%, a donné une leçon de démocratie au monde entier", a affirmé Recep Tayyip Erdogan. Il a transformé la Turquie à coups de mégaprojets d'infrastructures et en libérant l'expression religieuse, et a fait d'Ankara un acteur diplomatique clé. Mais ses détracteurs accusent le "Reis", âgé de 64 ans, de dérive autocratique, en particulier depuis la tentative de putsch de juillet 2016, suivie de purges massives qui ont touché des opposants et des journalistes et suscité l'inquiétude de l'Europe.

Plusieurs pays ont félicité M. Erdogan pour sa réélection, comme le président russe Vladimir Poutine qui a loué lundi la "grande autorité politique" de son homologue turc.

Le succès de Recep Tayyip Erdogan auprès des Turcs d'Allemagne, dont environ 63 % de votants ont voté pour lui dimanche, déclenche la polémique outre-Rhin.

Pour M. Erdogan, cette réforme qui supprime notamment la fonction de Premier ministre et permet au président de gouverner par décrets, est nécessaire afin de doter le pays d'un exécutif fort et stable.

Le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, qui rivalisait autrefois sur les estrades avec M. Erdogan, a dû faire campagne depuis une cellule de prison: accusé d'activités "terroristes", il est détention préventive depuis 2016.

Craignant des fraudes qui pourraient faire pencher la balance, en particulier dans le sud-est à majorité kurde, l'opposition a mobilisé une armée d'observateurs pour surveiller les urnes.

Le parti prokurde HDP a, quant à lui, franchi le seuil des 10 % de suffrages permettant à un parti de siéger à l'Assemblée nationale.

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