Published: Sam, Juin 09, 2018
International | By Marie-Louise Baume

"Les choses avancent dans ce G7" — Emmanuel Macron


Donald Trump n'a jamais caché que ce sommet historique sur la "dénucléarisation" de la Corée du Nord l'intéressait bien davantage que les discussions avec les vieux alliés des Etats-Unis. Les dirigeants se sont réunis dans un manoir de la petite ville de La Malbaie, au Québec, leur première confrontation à sept depuis l'imposition par Washington de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium étrangers.

Le président américain, la tête à sa rencontre mardi prochain à Singapour avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, est ainsi arrivé avec plus d'un quart d'heure de retard samedi pour un petit-déjeuner de travail consacré à l'égalité entre les sexes. Le président américain a aussi attribué une note de 10 sur 10 à la qualité de ses relations avec les autres dirigeants, citant particulièrement Justin Trudeau, Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Aux côtés de Justin Trudeau, il a affirmé -contre toute évidence- que la relation américano-canadienne n'avait "jamais été aussi bonne" et qu'il pensait que les sept se mettraient d'accord sur un communiqué conjoint, sans donner aucune indication spécifique sur un éventuel terrain d'entente.

Emmanuel Macron, qui avait multiplié les signes d'amitié envers le président américain lors d'un récent déplacement à Washingon, adopte désormais un ton plus sec. "Les choses avancent dans ce G7", a affirmé le président français, se félicitant que le dialogue ne soit pas rompu.

Y passer un minimum de temps tout en ouvrant un maximum de fronts: au sommet du G7, Donald Trump, loin d'être sur la défensive face à des partenaires à bout de patience, imprime son rythme. "Avant que des conversations ne commencent sur ce sujet, nous devons être certains que la Russie change de comportement et emprunte une nouvelle voie", a déclaré la Première ministre britannique, Theresa May, sur Sky News. Photo EPA Donald Trump a imposé, ce vendredi, son propre ordre du jour au sommet du G7, au Canada, en proposant la réintégration de la Russie, exclue en 2014. "Sur la Russie il a tout de suite reconnu que les conditions n'étaient pas réunies pour la réintégrer dans le cadre du G7", a commenté la présidence française après leur rencontre bilatérale. Souhaitée par Trump, elle est refusée par ses alliés.

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We are looking together at the same direction. "Un retour de la Russie dans le format G7 n'est pas possible tant que nous ne verrons pas de progrès substantiels en relation avec le problème ukrainien", a déclaré Angela Merkel.

Les partenaires commerciaux des Etats-Unis sont furieux depuis la décision la semaine dernière par Donald Trump d'imposer des droits de douane sur les importations américaines d'acier et d'aluminium en provenance du Canada, de l'Union européenne et du Mexique. Selon l'Elysée et une autre source ayant suivi la séance, les six ont alors réfuté les chiffres de Donald Trump, et donné des exemples de marchés américains où les Européens ne pouvaient pas librement entrer, comme les marchés publics. Les six leaders veulent éviter une guerre commerciale et convaincre le locataire de la Maison Blanche que les tarifs nuiront in fine à l'économie des Etats-Unis et à la croissance mondiale.

C'est sur un langage commun que négocieront les dirigeants jusqu'à samedi, et probablement lors de leur feu de camp et dîner vendredi soir.

L'Allemagne et l'Italie, plus exposés aux représailles commerciales que d'autres Européens, pourraient en effet être tentés de faire des compromis avec les États-Unis.

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