Published: Dim, Juin 03, 2018
Entreprise | By Tatiana Lecocq

Pour Emmanuel Macron, c'est la guerre — Taxes d'importation américaines

Pour Emmanuel Macron, c'est la guerre — Taxes d'importation américaines

Cette liste d'articles emblématiques établie par la Commission européenne cible, dans certains cas, des États américains, souvent agricoles, ayant voté pour Donald Trump en 2016. Tout en ajoutant que l'UE a "clairement à défendre ses intérêts". "Trump vient officiellement d'imposer des tarifs plus élevés aux alliés des États-Unis qu'à la Chine", soutient pour sa part le Washington Post.

Côté européen, la riposte a été d'abord verbale.

" Sur chacun de ces enjeux, la Chambre a privément et publiquement exprimé ses inquiétudes à l'administration et au Congrès quant aux dommages qu'une escalade de tarifs imposés de part et d'autre aurait sur notre propre pays", écrit M. Donohue.

L'offensive américaine constitue un test pour le tandem franco-allemand.

Maigre lot de consolation pour les Européens, les mêmes sanctions s'appliqueront au Canada et au Mexique.

Ottawa entend aussi contester la taxation de l'acier et de l'aluminium dans le cadre de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a ajouté la ministre. Après toutefois un débat entre Etats membres, pour une dernière validation.

Washington assure avoir anticipé ces mesures de représailles et leur ampleur et le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, s'est dit persuadé que l'économie américaine sera en mesure de les absorber.

Dans un discours enflammé en ouverture de la réunion annuelle de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques, Emmanuel Macron a dénoncé la guerre commerciale qui peut conduire à " la guerre tout court ".

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"Ces droits de douane, imposés unilatéralement sous le prétexte qu'ils garantissent la sécurité nationale des États-Unis, ne respectent ni les obligations commerciales internationales américaines ni les règles de l'OMC", a déclaré hier la ministre Chrystia Freeland en confirmant la démarche du Canada devant l'OMC.

La preuve écrasante est que les exportations canadiennes d'acier et d'aluminium ne font pas partie du problème que l'administration américaine tente de régler.

Ainsi au cours du précédent conflit commercial sur l'acier entre l'UE et les Etats-Unis, en 2002, la procédure avait duré un an et demi.

Un analyste cité par le Financial Times a averti que si Trump proposait quelque chose comme le tarif préférentiel de 25% sur les voitures allemandes, ce serait "la fin de la relation commerciale germano-américaine " car pas une seule voiture construite en Allemagne ne pourrait alors être vendue avec un profit.

Donald Trump est sur le point de prendre l'une des décisions les plus lourdes de conséquences de son mandat: le 1er juin, il décidera ou non de sanctionner l'acier et l'aluminium européens par des tarifs douaniers pénalisants. Mais au final, c'est le consommateur qui la paye, car l'importateur va la répercuter sur son prix de vente.

Et ils peuvent rapporter gros aux Etats: la France a engrangé des droits et taxes de 76 milliards d'euros en 2016, selon les douanes.

"Pour lui, ces droits de douane sont totalement injustifiés". L'Europe doit maintenant réagir fermement aux provocations américaines sur le plan commercial en ligne avec nos droits et obligations à l'OMC.

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