Published: Sam, Juin 02, 2018
International | By Marie-Louise Baume

Espagne: le chef du gouvernement Mariano Rajoy est destitué par le Parlement

Espagne: le chef du gouvernement Mariano Rajoy est destitué par le Parlement

M. Rajoy avait déjà quitté l'hémicycle jeudi quand le coup fatal lui a été porté par le Parti nationaliste basque (PNV, 5 députés) qui s'est rallié à la motion après avoir pourtant voté le budget du gouvernement la semaine dernière.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, affaibli par la condamnation de son parti dans un procès pour corruption, luttait jeudi pour sa survie au Parlement, où les députés débattaient d'une motion de censure socialiste.

Revendiquant le "bon sens" populaire et les traditions locales en sillonnant l'Espagne, il louait en ces termes l'artisanat d'une ville castillane: "La céramique de Talavera, ce n'est pas rien; pour le dire d'une autre manière, c'est quelque chose". "Le secrétaire général du PSOE est le premier à remporter une motion de censure dans l'histoire de la démocratie espagnole", écrit le site internet du quotidien El País.

En mars dernier, pris dans des négociations ardues pour faire adopter le budget de l'État, il se prenait les pieds dans le tapis en évoquant l'épineux sujet du financement des régions.

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Médias et internautes auront plus de mal à rire de son successeur socialiste, aux discours plus lisses, mais ils pourront toujours s'amuser à exhumer ses vieux tweets. Seul un député s'est abstenu lors du vote. Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy vient d'être renversé lors d'un vote au Parlement. La motion de censure contre le dirigeant conservateur, qui est resté au pouvoir plus de six ans, a été adoptée vers 11 h 30 avec, comme prévu, une majorité de 180 députés sur 350. Dans l'élan, le chef du Parti socialiste, Pedro Sanchez, a obtenu la confiance pour former un nouveau gouvernement.

Dans cette affaire, les juges ont conclu à l'existence d'un "authentique système de corruption institutionnelle" entre le PP et un groupe privé à travers la "manipulation de marchés publics", ainsi qu'à l'existence d'une "caisse noire" au sein du parti.

Une dispersion des forces qui obligera Pedro Sanchez a des grands écarts permanents et qui devrait rendre l'Espagne difficilement gouvernable. "Nous pouvons coexister dans le cadre de la constitution". Sanchez a régulièrement soutenu la politique de Mariano Rajoy sur cette question, votant par exemple la mise sous tutelle de la région après en octobre dernier. Pedro Sanchez a assuré qu'il n'a rien négocié avec eux pour les obtenir. Fervent opposant aux privilèges du Pays basque et à l'indépendance de la Catalogne, il a lâché Mariano Rajoy dont il était l'allié, mais a refusé d'appuyer le PSOE. "Et dans cinq ou six mois, ou il y aura de nouvelles élections ou ils le renverseront". Alors que le mandat du Congrès des députés court jusqu'en 2020, Pedro Sanchez a promis d'appeler à des élections anticipées mais n'a pas donné de date.

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